La Voix des Sports - 18/08/2008 |
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Pekin (envoyé spécial). – Battue sans qu’il n’y ait rien à redire par la représentante du Kazakhstan Yelena Shalygina lors du combat pour l’obtention de la médaille de bronze, Lise Legrand-Golliot n’aura donc pas eu le loisir de goûter au bonheur d’un deuxième podium olympique consécutif.
Si la Boulonnaise ne doit pas nourrir trop de regrets sur son dernier match, elle peut, en revanche, enrager de ne pas avoir su saisir sa chance en demi-finale contre la Russe Alena Kartashova. Après avoir remporté la première manche, la Nordiste s’est inclinée de justesse dans la deuxième avant de craquer, hélas, dans la manche décisive : « J’ai effectivement loupé le coche, en demi-finale, confirma-t-elle. Mais j’étais un peu fatiguée par le combat précédent contre la Polonaise qui avait été accroché. J’avais bien récupéré pour le match pour la médaille de bronze, mais je n’avais pas l’envie de me battre, d’avoir un combat difficile. »
Avec un peu de recul, la jeune femme se dit qu’avoir réussi à revenir au plus haut niveau après une maternité constitue déjà une belle réussite mais, à chaud, c’est bien évidemment la frustration qui prime : « J’étais venue pour l’or, cette cinquième place a donc un goût amer », confie-t-elle. Son avenir : « Je vais aller au vestiaire, me faire engueuler par l’entraîneur et prendre ma douche », lance-t-elle avec humour. Plus sérieusement, la Boulonnaise assure ne pas trop savoir de quoi demain sera fait : « Je ne pense pas viser la qualification pour Londres 2012, mais bon j’avais déjà dit après Athènes que les JO c’était fini, rappelle-t-elle. Là, je vais voir, je serai peut-être aux prochains championnats du monde. Tout dépendra si je trouve l’envie. Sinon ça ne sert à rien. Au fond de moi, je sais qu’il y a une guerrière, mais il faut bien gratter pour la trouver. »
Plus que des interrogations, ce sont quasiment des certitudes qui ont gagné l’esprit des deux autres lutteuses de haut niveau de la région, Vanessa Boubryemm et Anna Gomis. A ce jour, les deux Tourquennoises sont plutôt dans l’optique de mettre un terme à leur carrière. Battue samedi en quart de finale, la première nommée aurait aimé finir sur un podium olympique : « C’est dommage car c’était jouable, mais je pense que je ne pouvais pas avoir un plus mauvais tirage que ça. Je n’ai pas eu un match facile à disputer, regrette-t-elle. Pour l’instant, la déception est trop forte pour que je garde un bon souvenir de ces Jeux. »
Conviée par la fédération à Pékin pour servir de partenaire d’entraînement à Vanessa Boubryemm et Audrey Prieto, Anna Gomis est elle aussi formelle : « Quand je vois les filles sur le tapis, je ne m’imagine même pas à leur place, avoue-t-elle. La détermination n’est plus là, la lutte passe désormais au second plan pour moi, je veux privilégier ma vie professionnelle et ma vie de famille. »
Une page de l’histoire de la lutte féminine nordiste semble donc être en train de se tourner. La relève, emmenée par Shéhérazade Bentorki, a donc quatre ans pour reprendre le flambeau.













