La Voix du Nord - 19/08/2008 |
![]() |
Mehdi Baala : « Celui qui aura le mieux récupéré l’emportera »
PHOTO AFP
Soulagé après être sorti indemne de sa demi-finale, samedi, Mehdi Baala espère désormais réussir sa finale et monter, pour la première fois de sa carrière, sur un podium olympique, quelques jours après son trentième anniversaire. Décryptage avec son entraîneur, Jean-Michel Dirringer…
Les adversaires. – « Il y avait, à mon sens, une dizaine de candidats au podium avant les demi-finales. Mais comme celles-ci étaient déséquilibrées, quelques beaux noms sont restés sur le carreau : Lagat, Mekonnen et Casado. Ils ne sont donc désormais plus que sept : le Britannique Baddeley, les Kényans Choge et Kiprop, le Néo-Zélandais Willis, le Marocain Iguider, Mehdi et, surtout, le Bahreinien Rashid Ramzi, qui est le grand favori. »
L’analyse de la demi-finale. – « Elle s’est passée à peu de choses près comme on le pressentait. Ça a juste accéléré un peu plus qu’on ne le pensait aux 800 m. Mehdi a fait un effort important puisqu’il a fait l’extérieur pendant plus de quatre cents mètres. Mais le but était de ne pas se faire enfermer. On a retenu la leçon d’Osaka. Après, le but était de durcir la course dans la ligne droite opposée pour que les finisseurs soient entamés et de contrôler dans la dernière ligne droite. »
Le poids des échecs précédents. – « Je ne pense pas que le fait que Mehdi n’ait pas disputé de finale mondiale depuis 2003 soit un handicap. En 2004, aux Jeux, il était blessé, il avait un arrachement des cartilages, il n’aurait jamais dû courir. En 2005, il n’en a pas parlé pour ne pas se chercher d’excuses, mais il avait eu des problèmes intestinaux le jour de sa demi-finale. Et l’an passé, à Osaka, il fait une faute tactique. Pas en bousculant en fin de course, ce qui justifie sa disqualification, mais en se laissant enfermer dans la ligne droite opposée. »
La stratégie pour la finale. – « Dans le demi-fond, on est obligé de faire des stratégies en fonction des autres.
Mehdi a des armes pour tous les schémas de course, mais les autres en ont aussi. Disons qu’on peut s’attendre à quelque chose d’un peu plus étiré, ça ne devrait pas être la foire d’empoigne à la cloche comme ça a été le cas en demi-finale. »
Les ambitions. – « À partir du moment où un athlète entre en finale, on ne peut pas dire qu’il a raté ses Jeux. Cela dit, il est évident qu’on ne sera pas très content s’il finit dans les derniers. Il va, bien évidemment, faire sa course pour aller chercher une médaille. »
L’avis de Mehdi Baala. – « Ramzi me semble inaccessible, mais dans une finale tout peut arriver. Je pense que c’est celui qui aura le mieux récupéré qui l’emportera. Je n’avais jamais vu des demi-finales aussi déséquilibrées, mais comme elles ont été disputées sensiblement dans les mêmes chronos, la fatigue devrait être la même pour tout le monde. »













