La Voix du Nord - 19/08/2008 |
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Guillaume Florent : « J’ai pris du plaisir à naviguer »
PHOTO AFP
– Ce podium olympique constitue-t-il, à ce jour, le meilleur moment de votre carrière ?
« Oui, c’est clairement le moment le plus fort que j’ai vécu en voile. J’avais déjà connu de belles choses comme la Coupe de l’America, mais c’était en équipage. Là, j’étais seul sur l’eau, donc c’est beaucoup plus personnel. »
– Comment avez-vous vécu toute cette épreuve ?
« Assez tranquillement jusqu’à ce que m’arrive la tuile du vendredi avec le marquage de l’Américain dans la dernière régate. Ça m’a fait reculer à la quatrième place et ça m’a vraiment donné la rage pour la Medal Race. J’avais vraiment l’impression d’avoir été volé. »
– À quel moment, avez-vous pris conscience qu’un podium était à votre portée ?
« Je m’étais volontairement retiré l’objectif de la tête assez longtemps durant la compétition et c’est sans doute ce qui m’a permis d’être aussi bien. Quand on commence à dire qu’on vise la médaille, c’est généralement là que les ennuis commencent. Mais pour les raisons évoquées juste avant, je dois dire que j’y ai vraiment pensé avant la Medal Race. »
– Cette Medal Race a été plusieurs fois annulée ou reportée. Comment ça se gère ?
« C’est vrai qu’il y a eu trois départs, une demi-manche annulée, ça met les nerfs à rude épreuve. Dans ces cas-là, il faut réussir à prendre de la distance, mais c’est loin d’être évident. »
– Vous aviez choisi de faire d’autres choses dans la voile avant de revenir au finn, il y a seulement quelques mois. Est-ce que cette fraîcheur a été déterminante pour obtenir le podium ?
« Oui. Je n’ai pas passé quatre ans le nez dans le guidon. Du coup, j’ai pris du plaisir à naviguer, je n’étais pas dans la lassitude. J’étais content de voir qu’en quelques mois j’ai réussi à retrouver un bon niveau technique. »
– Savez-vous déjà de quoi sera fait l’avenir ?
« Je vais souffler un peu. Et puis après on fera le point. Je rêve de faire un jour la Coupe de l’America dans un équipage français qui a les moyens de bien figurer. Mais ça ne sera peut-être que dans dix ou vingt ans. Pourquoi pas envisager de changer de bateau et faire du star pour les prochains JO. On verra. »













