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La Voix du Nord - 20/08/2008
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Scénario cruel pour Mehdi Baala
RAGEANT Le pensionnaire du Lille Métropole Athlétisme a échoué, hier, à la quatrième place du 1 500 m, manquant le podium pour cinq petits centièmes
 Mehdi Baala peut être déçu. Malgré une dernière ligne droite superbe, il est venu échouer au pied du podium. L’espoir reste de mise dans le camp français, avecnotamment Ladji Doucouré. S’il veut garder l’espoir de monter un jour sur un podium olympique, Mehdi Baala devra poursuivre sa carrière jusqu’aux Jeux de Londres en 2012.
Hier, à Pékin, son rêve s’est envolé pour cinq malheureux centièmes.

À PÉKIN, PAR DAVID DELPORTE

PHOTOS AFP

Mehdi Baala et son entraîneur Jean-Michel Dirringer avaient annoncé à la veille de cette finale que celui qui l’emporterait serait celui qui aurait le mieux récupéré. Ce n’était, hélas, visiblement pas le cas du Lillois, qui a coincé à 500 mètres de la ligne et dont l’extraordinaire sprint final n’a pas été suffisant pour souffler, sur le fil, la troisième place au Néo-Zélandais Willis, dans une course remportée sans surprise par le Bahreïni Rashid Ramzi en 3’32’’94 devant le Kenyan Kiprop.


« J’ai senti aux mille mètres que je n’avais plus les jambes, expliqua-t-il après-coup. Je me suis déjà accroché pour tenir jusque-là. Et puis il y a eu une accélération brutale, j’ai pris une grosse claque. Quelques instants plus tard, je me suis sorti les tripes, je me suis dit qu’il fallait tout donner. En doublant un, puis deux, puis trois, puis quatre adversaires, la confiance est revenue, mais la suite vous la connaissez. Je me suis jeté sur la ligne, mais pour cinq centièmes je passe à côté du podium olympique. »

Une finale relevée

L’homme estime, pourtant, avoir tout fait pour préparer au mieux cette finale. Mais en vain. « Je crois qu’en terme de récupération, j’ai fait le maximum de ce qui est humainement possible, assure-t-il. J’ai vu plusieurs fois le kiné, j’ai multiplié les étirements, j’ai bu des litres et des litres d’eau, mais ça n’a pas suffi. » Quatrième en 3’34’’21, le Lillois avoue avoir été surpris par le rythme imprimé d’entrée : « C’est parti très vite sur les bases de 3’30 , précise-t-il. Je pense que ça a été l’une des finales olympiques les plus rapides de l’histoire et aussi l’une des plus relevées. Je suis forcément frustré car c’est la quatrième place, si près du podium. à la limite, j’aurais été moins déçu si j’avais été cinquième. » Psychologiquement, il assure, en revanche, ne pas avoir eu de soucis : « J’ai même envie de dire que je ne suis jamais senti aussi "warrior" dans ma tête. Mais être guerrier ça ne sert à rien si les jambes ne suivent pas. Je rêvais de devenir champion olympique, mais hélas on ne réalise pas toujours ses rêves. Cela dit, ce n’est peut-être pas fini. » À trente ans se pose logiquement la question de son avenir au plus haut niveau : « Si j’avais été champion olympique, j’aurais peut-être arrêté de courir. Londres en 2012 ? Ce n’est pas si loin puisque désormais j’habite à Lille, confia-t-il sous forme de boutade. Quatre ans ce n’est pas si long, mais les quatre années écoulées depuis Athènes ont été très dures. À mon âge, je vais prendre année après année. Le haut niveau implique énormément de sacrifices, notamment familiaux. Je ne vois quasiment pas ma fille. J’aimerais faire des trucs tout simples comme la coucher, la réveiller, la conduire à l’école… »

Digérer la déception

En attendant de prendre une décision, l’homme va déjà devoir digérer sa déception. « Le plus malheureux ce sera forcément lui  », insiste son entraîneur Jean-Michel Dirringer. Les deux hommes devront se trouver rapidement un nouveau challenge pour relancer la machine. La quête d’un titre mondial l’été prochain à Berlin pourrait être celui-là. •
 

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