La Voix du Nord - 24/08/2008 |
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Seules médaillées en course en ligne, l’Immercurienne Marie Delattre et son équipière dijonnaise Anne-Laure Viard ont sauvé hier l’honneur de leur spécialité et ont, par la même occasion, offert à la France l’assurance d’atteindre le cap des quarante médailles, soit le nouveau record olympique devant les trente-huit podiums de Sydney en 2000.PHOTOS AFP
Les Jeux olympiques sont généralement propices aux belles histoires et nul doute que celle de Marie Delattre et Anne-Laure Viard sera, ce matin, dans tous les journaux du pays. Associées depuis 2003 en kayak biplace (K2), les deux jeunes femmes ont rapidement affiché de belles dispositions, se hissant notamment sur la troisième marche du podium des Mondiaux de 2005.
Mais dotées de caractères très différents, elles ont aussi très vite eu des heurts, des mots, bref des divergences qui ont bien failli déboucher sur un divorce en fin d’année 2006.
« Nous avons mis les choses à plat et nous sommes reparties un peu avant les championnats du monde 2007, où nous avons d’ailleurs terminé à la troisième place. On savait que l’une sans l’autre, on ne pouvait pas espérer aller chercher une médaille », avait confié l’Immercurienne dans nos colonnes juste avant ces Jeux.
Goubel quatrième
Surnommées « les grands-mères » au sein de l’équipe de France, en raison de leur propension à se coucher de bonne heure, Marie Delattre et Anne-Laure Viard ont donc réussi leur pari en montant sur la troisième marche du podium olympique.
Une réussite que Marie Delattre avait du mal à réaliser à sa sortie du bassin : « Je suis encore dans ma course, je n’arrive pas encore vraiment à y croire, expliqua-t-elle. Je suis dans ma petite bulle. La course s’est très bien passée, on a fait ce qu’il fallait, en faisant de bonnes relances en même temps. Cette course peut nous ouvrir pas mal de portes. »
Cela veut-il dire que l’Immercurienne et la Dijonnaise continueront d’écrire leur histoire sportive en commun ? « Je ne sais pas, admet Marie Delattre. Je vais me marier dans un mois avec mon entraîneur de club, Grégory Demory, et puis je compte prendre une année sabbatique pour faire un bébé. Ensuite, je reprendrai l’entraînement car j’ai envie d’aller aux Jeux de Londres. D’autant que ce n’est pas loin de chez nous.
» Reste à savoir dans quel bateau ? « Peut-être qu’avec Anne-Laure, nos chemins se croiseront de nouveau. Sinon, pourquoi pas avec une nouvelle partenaire ou alors en K4. » Si la fête a dû être belle hier du côté de Saint-Laurent-Blangy, le club de Boulogne-sur-Mer n’a pas à rougir non plus de la performance de son protégé Mathieu Goubel. Septième, la veille, de la finale du canoë monoplace 1 000 m, le Boulonnais a, cette fois, échoué d’un rien au pied du podium sur 500 m.
Une bible
À mi-course, il figurait même en deuxième position, avant de voir s’envoler la médaille pour trois dixièmes : « Quatrième, c’est un bon rétablissement après ma petite déception du 1 000 m. Je n’avais pas de regrets, mais j’étais déçu que tous mes progrès des derniers mois ne m’aient pas emmené plus haut, expliqua-t-il. La tactique, cette fois, était de partir vite, se mettre sur un train puissant, fort, pour jouer sur mes qualités et attendre les 100 derniers mètres sans panique pour relancer. » S’il n’a pas encore confirmé sa volonté de se lancer dans une nouvelle préparation olympique, ses propos peuvent laisser penser qu’il n’entre pas dans ses projets de s’arrêter en si bon chemin : « Une finale des Jeux c’est comme une bible qu’on analyse et qu’on décortique pendant quatre ans , estima-t-il.J’en ai vécu une, j’aurais désormais un peu d’avance sur les autres. »













