La Voix des Sports - 25/08/2008 |
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Il fallait bien l’or ou l’argent des Jeux pour tirer du lit un quartier entier ! À 8 heures, hier, ils étaient déjà plusieurs centaines à tourner autour du Mail Dunant, point central des Hauts Champs, ce quartier de Hem haut en couleurs, cette fois mis en avant pour l’excellence et le talent inné d’un de ses sportifs.
Un dimanche matin ? Souvent, en pareil cas, on peut avoir la tête dans le seau. Mais à Hem, en ce 24 août 2008, on avait les yeux rivés vers Sow, Daouda pour les intimes, le grand frère transformé en chercheur d’or.
L’or ou l’argent ? Qu’importe le métal, les Hémois avaient déjà l’ivresse. Au moment du premier coup de gong, la salle Dunant ne respirait plus. Cinq cents supporteurs avaient investi l’endroit ; l’oxygène y était plus rare que ce bonheur engendré par l’enfant du « pays ». Mais d’argent on ne voulait parler ; le silence de tous était d’or…
Les coups de Sow enflammèrent le chaudron qui accusait aussi les répliques du Russe Alexeï Tishchenko avec la même ferveur. Le Tout Hem se voyait déjà sur la plus haute marche du podium. Tarik, Salah, Francis et les autres ne perdaient rien d’un affrontement dont l’issue leur paraissait inéluctable. Daouda ne pouvait pas perdre ; c’était pourtant le Russe qui s’ouvrait le chemin du Graal, tandis que le Français avait opposé son courage, sa vaillance, son coeur. Le choeur d’une ville fière dans la défaite de son idole.
Bientôt, une salle de boxe portera son nom
Deux points de trop : la fête battit tout de même son plein aux environs de neuf heures, alors que le quartier fleurait bon l’odeur du café frais.
« Nous ressentons un sentiment d’injustice, mais aussi de fierté, lâcha humblement Salah Eddine, l’un des administrateurs du Boxing-club hémois qui va maintenant devoir agrandir ses murs. Nous savions que Daouda n’était pas un outsider. Mais si on nous avait promis l’argent avant le début de la compétition, nous aurions signé tout de suite. » Hem va donc tenter de surfer sur ce halo de lumière, en prenant soin de ne pas rater le rendez-vous fixé par la comète Sow. Abdel Halim Zehrir, le « père » du club, et ses quelques licenciés profiteront, fin 2009, d’une nouvelle salle de boxe, à proximité du complexe des Trois-Baudets.
« 400 000 euros ont été récemment débloqués pour permettre le commencement des travaux, confie Francis Vercamer, le député-maire de Hem, qui pense déjà que le futur nom de l’édifice est trouvé… « À la demande de Tarik Baitar, le président du BCH, la salle ne sera pas implantée dans le quartier des Hauts Champs, parce que la boxe sera celle de tous les Hémois. »
Un président comblé qui restait modeste devant la noria de questions en tous genres. Depuis quatre ans à la tête du club, il n’a finalement jamais perdu la foi. « Personne ne croyait en nous. Mais des boxeurs comme Daouda, lança-t-il ingénu, il y en a cent cinquante dans le quartier, et vous allez bientôt entendre parler de nous. Sow, c’est le modèle. Et dire qu’il y a deux ans, il voulait tout arrêter… »













