La Voix des Sports - 29/01/2007 |
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Le problème avec les médecins, c’est qu’ils sont là pour dire la vérité et que la vérité n’est pas toujours bonne à entendre. Vous pouvez nous croire, on y mit du coeur, de la gomme et plus encore sur ce tapis roulant. Mais après étude des courbes, contre-vérification des données avec une collègue, notre spécialiste a relevé des yeux un rien déçus. Banale, la performance. « Vous, on peut dire que vous êtes un diesel. » Pout, pout, pout… Tout ça pour ça. Un volcan s’éteint, un athlète se rendort.
Voilà ce qui arrive quand on va frapper à la même porte que les champions. Porté par une motivation extrême, elle-même générée par l’espoir d’une révélation tardive, on avait en effet décidé de se soumettre à ce test d’effort, dans un lieu de référence, le Centre médico-sportif de la Porte du Hainaut à Denain, l’un des quatre centres habilités « athlètes de haut niveau » dans la région.
Ça servira de leçon. Car il n’y a pas plus de haut niveau dans les jambes du journaliste en short, fût-il amateur convaincu, que dans celles du sportif devant sa télé. CQFD.
Heureusement, derrière le vernis du haut niveau, le test d’effort embrasse la cause du sportif dans son ensemble, sans sélection, ni ostracisme : chacun son niveau, du famélique au boulimique. Et c’est là que l’aventure devient formidable.
À Denain, donc, on peut éprouver la satisfaction de donner son corps à la science, dans un site hyper-équipé, où la compétence des équipes et la chaleur de l’accueil vous sautent d’entrée à la gorge. L’association SPORT (1) vous serre dans ses mains expertes.
L’athlète commence par livrer son identité médicale, avant de passer à la phase active. Taille, poids. Puis l’infirmière s’avance, brandissant un rasoir pour attaquer le torse velu. Il s’agit de débroussailler pour poser des électrodes. Un filet de pêche retient l’ensemble, masque sur le visage, direction le tapis roulant. Nous voilà branché de partout, démarrant l’épreuve sous une surveillance pointue, courant face à un miroir, soufflant de toutes nos forces sans cacher nos faiblesses. Il faut aller au bout, le plus loin possible, là où se trouve la limite. Ça va de plus en plus vite, ça s’emballe, on se déballe… Stop ! Jet de l’éponge.
Descente de machine, serviette autour du cou, jus d’orange. Vous pouvez souffler.
Bonne nouvelle, Pierre Mary, le médecin si patient, est rassurant. La spirométrie et l’électrocardiogramme ont livré leur verdict. Aucune contre-indication, déclaré apte à la course à pied et à toutes sortes d’envolées systoliques.
Le praticien prend la peine de commenter les résultats, de pointer la VMA (Vitesse maximale aérobie), le moment où l’acide lactique a pris le dessus, etc.
En découlent des conseils d’entraînement, où les progrès ne pourront passer que par un changement dans les habitudes. C’est un fait, même la course de grand fond a besoin de ses éclairs, de ses sprints, du travail au seuil en langage technique. Un test d’effort plus loin, le certifié conforme sait qu’il peut désormais taper dedans en fuyant la monotonie. Tout un programme.
(1) Surveillance, Prévention, Orientation, Recherche, Terrain.











