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La Voix des Sports - 21/05/2007
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Le squash, sport physique, ludique et démocratique
Il n’est plus l’apanage des cadres dynamiques
 Thierry Lincou donne et prône du plaisir. « Sur certains coups, j’ai eu la chance de ressentir ce que les Américains appellent le flow, c’est-à-dire un état de grâce proche de l’extase. Et l’impression d’être invincible… » N’en déplaise à certains esprits grivois, ces propos sont signés Thierry Lincou, le maître du squash français, ex-numéro 1 mondial et véritable icône de la discipline… Difficile néanmoins d’assurer la promotion du squash en garantissant l’extase… mais, pour d’autres raisons, ce sport s’épanouit d’année en année, tant il marie avec bonheur la dépense physique au plaisir ludique…
Un sport « défoulant » et complet. –
« Le squash, c’est le sport urbain par excellence. Il assure un maximum de dépense d’énergie (l’équivalent de 2 h de tennis) en un minimum de temps (40’la séance) et de surface (60m² l’aire de jeu). », comme l’indique Jean-François Niecijewski, conseiller technique de ligue (1996-2006).
Physique, procurant à ses adeptes un bien-être étonnant, le squash leur assure, en quarante minutes, la satisfaction d’avoir évacué leur stress. La dépense calorique du squash est, par ailleurs, avec le ski de fond, la plus élevée de tous les sports… Un sport accessible. – Parce que le squash est aujourd’hui un sport en phase de démocratisation intensive, ses apôtres chassent farouchement les idées reçues… Si certaines statistiques l’associent encore au sport préféré des cadres supérieurs, les petites structures qui fleurissent aujourd’hui favorisent l’intégration des néophytes… On estime à 210 000 le nombre de pratiquants en France, dont 25 000 licenciés. Le squash conserve donc une forte couleur loisirs. Accessible jusqu’à l’équipement, puisqu’il est le seul sport de raquette à proposer cinq types de balles différents, en fonction du niveau de chacun. Accessible également en terme de technique, puisque la maîtrise des coups n’est pas nécessaire pour commencer… à l’exception de ceux qu’on peut donner à l’adversaire  ! Prudence…
Le squash, c’est du billard. – On définit le squash comme un sport à plaisir immédiat. L’architecture du court elle-même accentue son aspect ludique. Les murs latéraux et arrière, partie intégrante du jeu, permettent souvent aux balles mal frappées des débutants de terminer leur course malgré tout sur le mur frontal ; le jeu se poursuit donc sans interruption.
Ludique, également, comme la conception du jeu en trois dimensions – aux trajectoires comparables, selon certains joueurs, au billard –, qui vous oblige à paramétrer votre champ de vision à 360 degrés. Les multiples rebonds sur les quatre murs qui vous entourent vous contraignent par ailleurs à être constamment sur vos gardes…
Pas plus dangereux que le bowling. –
Haro sur les idées reçues ! Il est de coutume d’entendre que la pratique du squash est potentiellement dangereuse pour le système cardio-vasculaire. Médecin fédéral national de la fédération française de squash, le docteur Hakim Chalabi met un bémol : « Le squash n’est pas un sport dangereux, mais tout simplement un sport avec des contraintes physiques dont il faut tenir compte pour optimiser le plaisir que l’on y puisera ».
En la matière, si l’on se réfère aux chiffres fournis par les compagnies d’assurances en 2006, qui n’ont aucun intérêt à sous-évaluer les incidents ou accidents, le constat est le suivant : il n’existe aucun décès lié à la pratique du squash en France durant les dix dernières années, et aucun accident cardio-vasculaire (infarctus, accident vasculaire cérébral…) n’a été imputé au squash durant les cinq dernières années. A bon entendeur…
Au squash, les masques tombent. – Le squash réveille le guerrier qui est en chacun de nous… Sport intense par excellence, il offre aux protagonistes une cohabitation qui vire rapidement au duel. C’est une fosse aux lions chauffée à cinquante degrés, mais dans laquelle on s’énerve bien plus sur soi que sur l’adversaire… et l’agressivité inhérente au jeu se transforme vite en convivialité, une fois la partie terminée.
Le squash prône et promeut la parité. – Au squash, il convient d’avoir une grande langue, si possible bien pendue, car on la tire déjà au bout de cinq minutes d’échanges intensifs… Les mauvaises (langues) concéderont donc que le squash a tout pour plaire à la gent féminine, avec laquelle il conviendra, de temps à autre, de partager son temps sur l’aire de jeu. Le squash prône donc une forme de parité, qui ne s’affranchit néanmoins pas du concept de rivalité…
Au squash, on règle ses comptes. –
Pour une heure de squash, comptez environ un demi-litre de sueur, soit l’équivalent de deux bières, pour lesquelles la soif est le meilleur des prétextes. Tous les joueurs de squash savent se dépenser sans compter, mais ils savent aussi compter après s’être dépensé…
Gauthier CATTEAU

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