La Voix du Nord - 19 février 2006 |
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«Foot pourri : enfants menacés de mort et orgies sexuelles ! » La « Une » de La Dernière Heure/Les Sports était suffisamment explicite, hier matin, pour laisser entendre que l’affaire de paris truqués sur l’Internet qui gangrène le football belge est en train de prendre une inquiétante tournure.
Après les premiers aveux, qui ont déjà conduit aux licenciements de quatre joueurs et de deux entraîneurs, le grand déballage devrait se poursuivre la semaine prochaine. Dans le viseur de la juge d’instruction Silvania Verstreken, l’introuvable Ye Zheun, cerveau présumé du scandale en lien avec la mafia chinoise qui, par l’intermédiaire de dirigeants, agents ou entraîneurs, aurait « acheté » des joueurs pour ensuite parier sur des matchs dont il connaissait le résultat.
Mis en cause, comme quatorze autres personnes, dans le reportage d’une chaîne flamande qui a tout déclenché, Stéphane Pauwels, qui fut coordinateur au LOSC entre 1998 et 2002, ne cesse, depuis, d’affirmer qu’il est totalement étranger à cette histoire.
– Stéphane, comment vous êtes-vous retrouvé mêlé à ce scandale de corruption ?
« Je me le demande encore. Je crois que mon seul tort est d’être passé successivement par La Louvière, Mons et Metz, trois clubs impliqués dans ces histoires de matchs truqués. Dès lors, certains ont vite fait le rapprochement. »
– Le reportage de la télé flamande vous reproche d’avoir acheté deux matchs quand vous étiez à Mons…
« Pour le premier, contre La Louvière, je n’étais pas encore arrivé. Quant au second, contre le GB Anvers, on l’a perdu. Et puis, pensez-vous que je puisse m’entendre pour arranger un match avec des gens que j’ai attaqués en justice ? »
– Vous parlez des dirigeants de La Louvière. Que s’est-il passé ?
« En 2004, le club cherchait un manager général, poste que j’avais occupé au sein de l’équipe d’Algérie. J’ai ramené Albert Cartier comme entraîneur et de nombreux joueurs. La sauce a pris, on a très vite eu de bons résultats. Jusqu’à ce que le président vende des joueurs sans nous avertir.
Dès lors, c’est parti en sucette… »
– Et ça s’est mal fini…
« Oui, car j’ai compris ce qu’il se passait dans ce club. Un jour, ils ont essayé de me déstabiliser en me proposant une commission sur le transfert de notre gardien. J’ai évidemment refusé, avant de demander des explications. Là, Me Denis, l’avocat du club, m’a répondu : “C’était pour te tester !” Une semaine plus tard, je me faisais virer. Aujourd’hui, je suis en procès avec eux, mais cela a été l’enfer pendant cinq mois… »
– C’est-à-dire ?
« Je suis resté sur le carreau. Deux clubs m’ont tendu la main, Valenciennes et Metz, mais il y a eu des pressions pour ne pas me prendre et ils ont préféré attendre, ce que je comprends. Après un passage éclair à Mons, Metz m’a finalement embauché le 1
– Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?
« Je me sens sali et humilié. Mercredi, j’étais au LOSC, et j’ai vu des gens que je connais me regarder d’un drôle d’oeil, ça fait mal. Je suis un grand laïc, mais je prie chaque jour pour que la justice avance afin de me réhabiliter le plus vite possible. »
– Quel avenir vous voyez-vous dans le foot ?
« J’espère que Metz me gardera ou qu’un autre club français me proposera un poste de recruteur, car la Belgique, c’est fini. Dirigeant aussi. Désormais, j’aspire à rester dans l’ombre. »












