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La Voix du Nord - 24 février 2006
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Affaire de corruption en Belgique - Tony Vairelles comprend mieux désormais
par Olivier BERGER
 Tony Vairelles n’a pas beaucoup l’occasion de sourire au Lierse. Il avait rêvé d’une saison plus tranquille pour se relancer à 32ans. Ph. Stéphane MORTAGNE Tony VAIRELLES devait rêver d’une fin de carrière plus paisible lorsqu’il signa à 32 ans pour trois ans à la mi-juin au SK Lierse. Las, sa découverte de la Belgique, après deux saisons moroses, commence sérieusement à étioler sa passion pour le jeu. Tombé dans le club « leader » de l’affaire de corruption dans le championnat belge (lire notre édition d’hier), « Tonygol », l’ex-chéri de Bollaert, observe et grimace…
– L’ambiance au Lierse doit être curieuse en ce moment avec tous ces joueurs qui tombent pour corruption… « Ça fait bizarre, c’est sûr, de jouer avec des gars, puis d’apprendre qu’ils sont montés à Bruxelles pour un interrogatoire ; puis le lendemain, qu’ils ont avoué. Tout d’un coup, on ne les voit plus, leurs casiers sont vidés. Par exemple, Laurent Fassotte (licencié la semaine passée) était devenu un ami, ça fait tout drôle. »

– Avez-vous constaté si des matchs du Lierse étaient achetés ?
« Je comprends mieux maintenant certaines choses. Pourquoi je ne jouais pas certains matchs, pourquoi j’étais remplaçant ou sorti du groupe alors que je venais de faire deux bons matchs. Quand on apprend ensuite que l’entraîneur (Paul Put, qui a avoué la semaine dernière, a été licencié du Lierse début novembre) convoquait des joueurs et leur donnait de l’argent… Par exemple, quand on a perdu 4-0 au GBA, le lendemain, le président du Lierse a porté plainte contre des joueurs et contre X. Les joueurs, qui devaient se sentir visés, disaient que c’était inadmissible. Le pire, c’est que j’étais de leur avis. Mais quand je vois tout ça, je comprends… En plus, tout le monde ne me dit pas tout. Apparemment, à ce qu’on dit dans le vestiaire, deux autres joueurs, je ne sais pas qui, vont être convoqués. »
– Avez-vous été contacté par des corrupteurs ?
« On ne m’a pas approché une seule fois. Ils savaient peut-être à qui ils avaient affaire ou ils se méfiaient de moi. Je ne sais pas. »


– Regrettez-vous votre choix de la Belgique ?
« On ne peut pas dire que je suis super content mais j’assume. Je venais pour me refaire une santé et ici, c’est encore pire. Je sais que le football est un milieu de requins, mais là, ce n’est plus du football. Je n’arrive pas à m’imaginer que des joueurs, en qui on fait confiance, faisaient semblant sur le terrain et s’arrangeaient pour perdre. Et ça ne se voyait pas trop ! En plus, l’entraîneur (Paul Put, toujours) jouait au grand manitou et me menaçait de casser mon contrat quand je lui demandais des explications. Franchement, j’ai envie de l’insulter, de lui mettre mon poing sur la gueule. »
– Les soucis lierrois seraient aussi dus à des problèmes financiers, des joueurs non payés. Est-ce le cas ?
« Ça fait déjà deux mois que je ne suis pas payé, alors que d’autres n’ont qu’un mois de retard. Les dirigeants sont un peu novices mais ils ne sont pas très corrects. Maintenant, ils me mettent sur le côté, soi-disant en raison de mon salaire trop important. Mais je n’ai rien négocié, mon salaire n’a rien d’astronomique. Ils me proposaient trois ans et c’est ça qui m’intéressait pour retrouver mon niveau et ma sérénité. En plus, c’est spécial en Belgique, un tiers de mon salaire est versé sur un fond de pension que je toucherai à 35 ans. Mais je n’ai pas la preuve qu’ils me donnent cet argent. C’est vraiment un club bizarre. »


– N’êtes-vous pas dégoûté du foot ?
« J’ai l’impression d’être trahi. Je ne sais pas si c’est le milieu qui est pourri ou si c’est moi qui suis naïf. J’avais déjà vécu deux-trois trucs en France, mais là… Il faut se faire une raison. Je ne me suis jamais plaint, j’ai de la chance. J’ai encore envie de jouer, mais je n’en ai pas l’occasion. C’est débile. J’ai vu avant la trêve que je retrouvais mon niveau. À part ça, le moral est bon. »
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