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La Voix des Sports - 12/06/2006
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Les meilleurs ennemis du monde rament dans la même galère
Meeting Lille-Métropole

On les avait découverts vaillants et inséparables un soir d’août 2003 au stade de France… puis meilleurs ennemis du monde du jour au lendemain, la faute à des ego trop sollicités et surdimensionnés.

Aujourd’hui, la brouille enfantine est derrière eux. Vendredi soir, Leslie Djhone et Marc Raquil se retrouvaient pour la première fois dans la même course depuis les championnats du monde de Paris. Alignés sur 400 m, les deux gaillards ont livré une première vérité avant même d’ouvrir la bouche : en finissant difficilement quatrième et septième, ils rament désormais dans la même galère pour retrouver leur meilleur niveau.

« Je savais que j’avais encore tout à travailler avant de venir ici, admet Leslie Djhone. Mon début de saison a été chaotique, j’ai dû m’arrêter une première fois trois semaines, puis encore quatre semaines à cause des blessures. Je n’ai repris l’entraînement qu’il y a quinze jours. Forcément, je suis à la rue ! » Avec un temps de 45’’78, le recordman de France (44’’64 en 2004) est en effet encore loin du compte. Mais il tire quelques enseignements positifs de sa course. « Je l’ai bien gérée, c’était un bon test. Je me retrouvais face à des gars qui ont déjà bien couru cette année alors que j’en suis au début de ma préparation. Le but, c’est d’être prêt en août, aux championnats d’Europe de Göteborg. » Sa foulée n’est pas encore tout à fait au point, mais Leslie a réussi vendredi soir les minima : il a son billet en poche pour la Suède. « Je vais monter crescendo pour y arriver. J’espère déjà gagner une demi-seconde lors du meeting de Paris et repartir dans une spirale positive. »

Cette fameuse spirale, Marc Raquil l’attend toujours. « J’ai couru avec une certaine appréhension à cause de ma cuisse, reconnaît-il. Je me suis échauffé avant pendant une heure quarante au lieu d’une heure habituellement et j’ai fait un 200 m à fond pour voir si ça tenait. Le problème, c’est que je n’ai pas eu le temps de récupérer totalement avant le 400 m. »

Plutôt prudent, il a terminé en roue libre en 46’’70. « Là, j’ai couru avec le frein. Mais je sais maintenant que je n’ai plus d’appréhension à avoir et que les prochaines courses seront meilleures. Je dois pouvoir facilement taper les 45’’50, je les ai dans les jambes. » Rassuré sur son sort, le bonhomme est aussi heureux d’avoir retrouvé Leslie sur la piste. « Ça m’a fait plaisir. J’aime le voir courir à l’entraînement, il paraît toujours facile alors que je dois me battre pour faire la même chose ! Mais en compétition, on arrive aux mêmes résultats.  »

À un détail près : Djhone, qui partait derrière, a « mangé » Raquil durant la course. Difficile à avaler, pas vrai ? «  Je l’ai vu passer et je me suis dit : OK, aujourd’hui, c’est son tour. Il a pris son joker. Mais en août, à Göteborg, ça ne se passera pas comme ça  ! » À condition de réussir les minima, cher Marc. Allez, souquez ferme matelot…

Carine BAUSIÈRE
Photo Patrick DELECROIX

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