La Voix du Nord - 08/06/2007 |
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ATHLÉTISME
L’édition 2007 du Meeting Lille Métropole, première étape du « Lagardère Athlé Tour » accueille ce soir une trentaine de médaillés européens, mondiaux ou olympiques
PAR DAVID DELPORTE
sports@lavoixdunord.fr
Quintuple médaillée mondiale avec trois breloques à l’heptathlon (l’or en 1999, l’argent en 2003 et en 2005) et deux à la longueur (l’or en 2003 et le bronze en 2005), Eunice Barber possède indéniablement l’un des plus beaux palmarès de l’athlétisme mondial.
C’est donc avec un plaisir non feint que Gérard Frémaux a accueilli en début de semaine l’annonce de sa venue au Meeting Lille Métropole, où elle s’alignera ce soir sur 200 m, au côté de la championne d’Europe en titre de la distance, la Belge Kim Gevaert.
Rentrée de sa préparation estivale aux États-Unis en début de semaine, Eunice Barber aurait pu s’accorder quelques jours de repos, mais elle a préféré se replonger immédiatement dans l’ambiance de la compétition.
« Je n’avais pas envie de prendre en considération ces histoires de décalage horaire. Si j’avais pu aller à Sotteville dès mardi, je l’aurais fait. Initialement, je pensais participer au meeting d’Eugene
Des propositions de casting
Alors, bien sûr, il ne faudra probablement pas attendre une performance canon dès ce soir, mais la simple présence de la Française devrait suffire à ravir le public. L’intéressée, elle, avoue n’avoir en tête que l’objectif mondial à Osaka, à la fin du mois d’août, son programme jusque-là étant encore en chantier.
« Mon but sur ce 200 m sera de trouver quelques sensations sur le plan technique. Je vais essayer d’appliquer ce que l’on a travaillé à l’entraînement, précise-t-elle. Je vais voir comment les jambes répondent et en fonction de ce qui va se passer, je vais pouvoir déterminer, au fur et à mesure, la suite de mon calendrier de compétitions. » Satisfaite du travail accompli avec Bob Kersee, même si une petite douleur aux ischios-jambiers l’a contrainte à annuler quelques séances : « On a vraiment touché à tout, je me sens capable de m’aligner sur n’importe quelle épreuve ou presque, poursuit-elle. Les haies ça aurait été peut-être un peu juste, un peu risqué, car je ne veux pas être trop agressive, trop rentrer dedans aussi vite dans la saison. » Aux États-Unis, Eunice Barber a également eu l’occasion de poursuivre ses cours de chant et de comédie. Ses projets artistiques sont bien réels, mais l’athlète a préféré donner la priorité, pour l’heure, à son sport.
« Je ne dis pas que rien ne se fera, mais les deux années à venir sont très importantes pour moi en athlé, confesse-t-elle. On m’a sollicitée pour passer des castings en Amérique, mais avec les compétitions en Europe, ça serait difficile de tout concilier. On verra plus tard.
»
Du franc-parler
Venue prendre quelques repères en compétition, Eunice Barber ne s’affichera toutefois pas en tant que grande promotrice de la nouvelle Ligue professionnelle et du circuit « Lagardère Athlé Tour », dont la première étape a justement lieu lors de ce meeting Lille Métropole : « Je n’ai pas encore signé mon contrat. Je vais le faire, il n’y a pas de soucis, mais il y a encore des choses qui me dérangent. Je ne pense pas que la structure soit encore réellement professionnelle. Je vais discuter avec les responsables sur un certain nombre de points. » Que les choses soient pourtant claires, la jeune femme n’a pas l’intention d’aller négocier dans son intérêt personnel : « Très honnêtement, la Ligue pro ne change rien pour moi. Je ne vais pas gagner plus en venant ici cette année que l’année dernière. Ce ne sont pas des gens comme Christine Arron, Ladji Doucouré ou moi qui avons besoin d’être aidés, insiste-t-elle. Je ne fais pas ma star, je veux juste que l’on n’attende pas que les gens soient champions du monde pour leur donner des moyens. Je veux aussi que des meetings réservés aux épreuves combinées ou aux lancers soient davantage mis en valeur. » Pas franchement adepte de la langue de bois, Eunice Barber assure ne pas avoir peur de dire ce qu’elle pense : « Qu’est ce que je risque ?, interroge-t-elle. Si on fait de bonnes performances, on n’a pas besoin de lécher les bottes de qui que ce soit pour participer aux grands championnats. » L’enfant de la Sierra Leone, qui fait depuis huit ans les beaux jours de l’équipe de France, n’a donc rien perdu, à 32 ans, de sa détermination et de son franc-parler. On ne peut que s’en réjouir.















