La Voix du Nord - 04 mars 2006 |
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Meeting Gaz de France - Pas-de-Calais - Quelle belle soirée d’anniversaire !
par David DELPORTE
Cette soirée, elle l’attendait avec impatience, avec même une certaine dose de fébrilité, d’émotion. Preuve qu’elle n’a pas la mémoire courte, elle a d’abord tenu, hier soir, à rendre hommage aux plus anciens. À ceux qui n’avaient, hélas, pas eu l’occasion de la côtoyer comme Colette Besson, disparue l’été dernier, mais aussi à ceux qu’elle a rendu ivre de bonheur, qui grâce à elle ont atteint leur plénitude comme Bruno Marie-Rose, Sergueï Bubka, Franckie Fredericks. Enfin bref comme les huit athlètes qui, sous son toit, ont tutoyé les étoiles en établissant un record du monde.Pour son vingtième anniversaire, la piste magique du stade couvert régional de Liévin, puisque c’est d’elle dont il s’agit, avait aussi tenu à convier de nombreux amis, des fidèles qui ont souvent répondu à ses invitations et qui, cette fois encore, lui ont offert une belle fête.
Ne pas être en reste
Comme un symbole, c’est une régionale, Vanessa Boslak, qui lui a procuré sa première grande joie. Pourtant encore en plein doute, il y a moins d’une semaine, la perchiste lilloise a retrouvé toutes ses sensations pour hisser son propre record de France à 4,51 m (lire ci-dessous).
Bouadbellah Tahri, qui ne voulait pas être en reste, a ramené de son voyage en Afrique du Sud, en compagnie notamment de Mehdi Baala, suffisamment d’énergie pour effacer sur 2 000 m les 5’00’’88 de Said Chebili des tablettes et justifier la réputation de piste aux records avec un chrono de 4’59’’85, nouvelle référence nationale sur la distance.
Si les stars mondiales comme le sauteur en hauteur suédois Stefan Holm (éliminé prématurément à 2, 27 m) ou la tsarine russe Yelena Isinbayeva, qui a échoué contre son record du monde à 4,92 m, n’ont pas pu apporter le feu d’artifice escompté, les patrons de l’athlétisme français, eux, n’auraient manqué cet anniversaire pour rien au monde.
Dans le sillage de Vanessa Boslak et Bouabdellah Tahri, Leslie Djhone, qui n’avait pourtant rien planifié de précis pour cet hiver, a apporté sa contribution, établissant à son tour un record de France sur 300 m cette fois en 32’’81, aux dépens du Liévinois Rémi Wallard (33’’75 l’an passé). Dans cette même course, le Suédois Wissman s’est lui emparé du record européen en 32’’61.
Arron remplit son contrat
Roi et reine du sprint, Ronald Pognon et Christine Arron ont, eux aussi, tenté de combler les quelque quatre mille quatre cents convives de cette soirée. Si le premier nommé n’a pas réussi à descendre sous les 6’’60, devant se contenter de son meilleur chrono de l’hiver en 6’’62, sa camarade d’entraînement a, elle, parfaitement rempli son contrat, confirmant sa bonne forme actuelle en s’adjugeant d’abord le 60 m en 7’’09 (7’’08 en série, à deux petits centièmes de son record de France), avant d’établir la meilleure performance mondiale de la saison sur 200 m en 22’’80.
« J’espérais faire encore un peu mieux sur le 200 m, mais nous n’avions pas fait de préparation spécifique sur cette distance cet hiver. Sur 60 m, c’est plutôt satisfaisant aussi, même si je pars un peu moins bien en finale. Mais je suis heureuse d’avoir pu participer à cette belle fête devant un public qui me soutient depuis maintenant de nombreuses années », expliqua, radieuse, Christine Arron.
Sans record du monde, mais avec trois records de France et un d’Europe, la piste liévinoise a donc fait brillamment ses adieux à tous ceux qui l’ont aimée.
Dans quelques semaines, elle s’offrira une petite cure de jouvence en promettant de revenir encore plus belle et plus attractive en début d’année 2008.















