La Voix du Nord - 07 mars 2006 |
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Coupe d’Europe d’athlétisme en salle - « On a vécu une première mondiale »
Propos recueillis par David DELPORTE
Plus de huit mille personnes ont occupé les gradins du Stade couvert régional de Liévin, vendredi pour le meeting Gaz de France - Pas-de-Calais et/ou, dimanche, pour la Coupe d’Europe. Succès populaire et sportif, ce « week-end athlé » a conforté Philippe Lamblin dans sa volonté d’aller toujours un peu plus loin.– Que retenez-vous de ce double événement ?
« Je crois que l’on a tout simplement vécu une première mondiale. Quelle autre association peut se targuer d’organiser à trois jours d’intervalle un meeting de niveau international et une grande épreuve européenne ? On a eu, en plus, le bonheur d’assister à de grandes performances de nos régionaux, Vanessa Boslak, le vendredi, et Gaëtan Bucki, le dimanche.
Et puis, on a jumelé ce double rendez-vous sportif avec une belle action éducative puisque vingt-deux collèges et lycées de la région ont été impliqués pendant plusieurs mois. Je crois que le tout a été une grande réussite et heureusement car nous avions quand même pris des risques. C’était un budget de plus de 1 million d’euros. Et il ne fallait donc pas se rater. »
– Vous souhaitiez que Liévin retrouve l’un des premiers rangs mondiaux. Pensez-vous que ce soit possible dès cette année ?
« Le classement ne sera établi qu’après les championnats du monde, donc il faut attendre le verdict. Mais je suis assez optimiste. Sur ce que j’ai pu observer des autres meetings et quand je vois la qualité et la densité de nombreuses épreuves comme le 60 m haies féminin, le 2 000 m masculin ou la hauteur, je dois avouer que je suis assez optimiste. Quand on sait, aussi, qu’une championne de la renommée de Yelena Isinbayeva a décidé d’installer son camp de préparation final pour les championnats du monde à Liévin, où elle séjournera jusque demain, c’est la plus belle preuve de la qualité de nos structures. »
– L’adieu à la piste vous a donc satisfait ?
« Bien sûr. Il y a eu cette formidable ambiance mise par les jeunes. Je me souviens que lorsque j’avais évoqué la tenue d’une Coupe d’Europe, certains avaient souri. Mais on a su donner du sens à ce rendez-vous. Quand on voit que pendant deux ans de suite Leipzig n’a pas su remplir sa salle et que nous l’avons quasiment fait deux fois en trois jours, ça démontre nos capacités d’organisation. »
– Est-ce que ça pourrait vous donner l’envie de faire encore plus fort en accueillant, par exemple, des championnats d’Europe ou du monde ?
« Actuellement, ce n’est pas possible, mais lorsque la nouvelle salle sera prête, nous aurons, en effet, les capacités requises dans le cahier des charges. L’hébergement pourrait rester un handicap, mais les handicaps, ça se gomme, à question que toutes les volontés soient réunies. En tout cas, les présidents de l’AEA (Fédération européenne) et de l’IAAF (Fédération internationale) étaient présents dimanche à Liévin et ils ont pu apprécier notre savoir-faire. Je tire donc un grand coup de chapeau à tous les bénévoles. »
– En attendant, les grands projets ne manquent pas ?
« Oui, nous aurons des milliers de personnes concernées par la Route du Louvre le 14 mai. Le 28 juin, la course de la Déesse sera effectuée en pensant à Ingrid Betancourt, comme ça avait été le cas pour Florence Aubenas en 2005. Et puis, il y aura aussi le 9 juin, le meeting du Stadium Lille Métropole à Villeneuve-d’Ascq. Soyons clairs, nous n’allons pas rivaliser avec Bruxelles, mais avec le soutien affiché des collectivités, nous allons passer à la vitesse supérieure. Mais là encore, le tout se fera en initiant des actions pédagogiques avec des collèges et des lycées. »
– L’idée d’une association avec Gand pour une organisation en alternance des meetings a été évoquée. Ne serait-ce pas un peu dommage de se priver d’un tel rendez-vous un an sur deux ?
« Déjà, rien n’a été décidé. Il faut que l’on se mette autour d’une table avec les partenaires privés et publics pour savoir ce que chacun en pense. Mais même si cette idée devait voir le jour, il n’est pas question de ne rien faire un an sur deux. Nous n’allons pas investir dans un superbe équipement pour rien. On pourrait très bien imaginer, à Liévin, une alternance entre le meeting et un grand match international. » – Une décision a-t-elle été prise pour l’organisation des championnats régionaux pendant la durée de fermeture de la salle ?
« Rien n’a été décidé, mais deux options se dégagent. Gand en est une, mais on réfléchit aussi à la possibilité de les organiser à la salle Jean-Bouin à Lille. »













