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La Voix du Nord - 03 mars 2006
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Tahri : « Je ne suis pas une tête brûlée »
Engagé sur 2000 m, ce soir, le Messin vient tout juste de rentrer d’un stage en Afrique du Sud
ABSENT des championnats de France, ce week-end à Clermont-Ferrand, Bouabdellah Tahri n’a pas été retenu pour les championnats du monde (du 10 au 12 mars) à Moscou. Tout juste rentré d’un stage en Afrique du Sud, avec Mehdi Baala et son entraîneur Jean-Michel Dirringer, le Messin, qui disputera ce soir le 2 000 m à Liévin, a tenu à mettre certaines choses au clair…
– Comment avez-vous vécu votre non-sélection ?
« Je respecte les choix du sélectionneur. Je n’en veux à personne. La polémique, je la laisse aux autres. Ce qui m’a gêné, c’est l’image qui a été donnée de moi. On m’a fait passer pour le mauvais exemple, celui qui refusait de passer par les championnats de France. »


– Quelle est donc votre version ?
« Déjà, je n’ai jamais déclaré officiellement que je souhaitais aller à Moscou, mais c’est vrai que je me suis posé la question après Stuttgart. Dans les modalités de sélection, il n’a jamais été écrit qu’il fallait passer par les “France”. J’ai donc appelé la coordinatrice du demi-fond, Patricia Djaté, et le DTN, Franck Chevallier, pour en discuter. Ce dernier m’a dit que je prenais, en effet, le risque de ne pas être retenu si deux athlètes faisaient mieux que moi aux “France”. Mais, mon stage en Afrique du Sud était déjà programmé et il n’était pas question d’y renoncer. J’avais un gros travail à y faire pour être performant cet été. J’accepte donc les choix, mais, je le répète, je regrette juste qu’on me fasse passer pour ce que je ne suis pas. Je ne suis pas une tête brûlée. »
– Cet été, vous serez donc aux « France » ?


« Oui, puisque c’est écrit dans les modalités de sélection pour Göteborg, je serai présent à Nancy. Je comprends d’ailleurs parfaitement cette politique. Disputer des championnats de France, sans les meilleurs, ça n’a effectivement pas d’intérêt. Mais je trouve que pour le demi-fond, la date n’est pas bonne. Il y a le meeting du Stade de France le 8 juillet, les « France » le 20, et de gros meetings ensuite. Il est donc impossible de prévoir un stage en altitude. L’idéal aurait été que les France aient lieu fin juin. »
– Ce 2 000 m à Liévin sera donc votre dernière sortie de l’hiver ?


« Peut-être pas… Il y a de bonnes chances pour que je fasse les championnats de France de cross le week-end prochain. »
– Qu’attendez-vous de ce 2000 m ?


« La confirmation de ce que j’ai fait en stage. Je m’étais rendu compte à Helsinki que j’avais perdu mes qualités de finisseur. Au Kenya, je me préparais comme un coureur de longue distance. C’est pour ça que je me suis rapproché de Mehdi cet hiver. Je travaille avec lui en résistance, en vitesse. J’en ai bavé au début, mais au fur et à mesure, ça allait de mieux en mieux. J’espère que ça paiera pour aller chercher une médaille cet été aux championnats d’Europe. »
Propos recueillis par D. DEL.


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