La Voix des Sports - 06 mars 2006 |
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Les Français couronnés au bout du suspense
Coupe d’Europe en salle, à Liévin
On doit bien le reconnaître, l’intérêt de cette Coupe d’Europe en salle nous laissait, il y a encore quelques jours, un peu dubitatif.L’équipe de France était certes emmenée par quelques grosses têtes d’affiche comme Christine Arron, Ladji Doucouré, Ronald Pognon ou Salim Sdiri, mais le plateau semblait tout de même manquer globalement de saveur.
Hier soir, à l’issue de la compétition, le plaisir était pourtant unanime. L’ambiance créée par les nombreux collégiens et lycéens présents y fut indéniablement pour quelque chose, tout comme l’enthousiasme affiché par cette jeune équipe de France et, surtout, le dénouement assez surréaliste de la compétition chez les garçons.
Dix mètres avant la ligne d’arrivée du relais, ultime épreuve de la journée, l’Espagne tenait son sacre. Pour un petit point, l’équipe de France allait perdre sa couronne lorsque l’impensable se produisit. Épuisé, l’Ibérique Ivan Mocholi s’écroula sur la piste, laissant le Russe Teplykh et surtout le Français M’Barke le coiffer sur le fil.
Heureux comme des gamins, les « Tricolores » entamèrent alors une folle danse sur le podium, avant de se lancer, à la queue leu leu, dans un grand tour d’honneur.
C’était bien avant d’apprendre que les Espagnols, finalement disqualifiés et un brin mauvais perdants, avaient posé une réclamation pour un mauvais positionnement du relayeur français lors de l’ultime passage de témoin.
Une grosse heure de débats et une étude détaillée des images vidéos furent nécessaires pour rejeter cette réserve et confirmer le succès des « Tricolores ».
« Il y a eu un bon comportement de tout le monde, un bel état d’esprit. On méritait cette victoire », souligna, ravi, le directeur technique national, Franck Chevallier.
Les leaders comme Ronald Pognon et surtout Ladji Doucouré, déjà impressionnant de facilité pour sa course de reprise sur les haies, ont apporté ce que l’on attendait d’eux. Mais ce succès fut également construit grâce aux bonnes performances d’athlètes plus anonymes comme Guillaume Eyraud (2e du 1500 m) ou Badre-Din Zioini (2e du 3000 m).
Du côté des filles, le miracle n’a, en revanche, pas eu lieu, l’équipe de France échouant au pied du podium. Christine Arron a tenu son rang avec autorité, malgré la fatigue sur 60 m, mais l’hégémonie russe fut sans appel. « Une troisième place aurait pu être jouable si tout avait été parfait, mais on savait que pour les filles, on risquait plutôt de se situer entre la quatrième et la sixième position », confirma Franck Chevallier.
Sans locomotives comme Boslak, Barber, Ghezielle ou Martins, il était, en effet, difficile de prétendre à beaucoup mieux.
David DELPORTE
Photo Stéphane MORTAGNE















