La Voix du Nord - 04/10/2007 |
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Trois pieds pour aller loin. – Pour tenter d’éloigner la pression néo-zélandaise, le staff français a choisi d’associer trois joueurs très solides dans le jeu au pied.
On le pressentait depuis dimanche : c’est bien Beauxis (22 ans, 9 sélections) qui prend ainsi les clés du camion à l’ouverture. Michalak est relégué sur le banc, Skrela en tribunes. Colossal face à la Géorgie, dans ses dégagements mais aussi dans le rôle du buteur (24 points), Beauxis a pour mission de sortir les Bleus de leurs quarante mètres. Il est certes jeune, mais de caractère tranquille, peu émotif. « Il a très bien joué jusqu’à maintenant », a justifié Maso.
Le comité de sélection mise sur la révélation Beauxis, ici (enfin à Cardiff…) et maintenant. Champion du monde avec les moins de 21 ans, le joueur est considéré par Lamaison comme un vrai n° 10. Lamaison reste notre dernière belle référence au poste, celui qui conduisit les Bleus à l’exploit face aux Blacks à deux reprises en 1999 et en 2000, avec notamment deux fois deux drops.
Plus surprenant est le choix de Traille à l’arrière. En 55 sélections, le centre biarrot avait été titularisé deux fois à l’ouverture mais jamais en n° 15, où il ne rendit service que sur des bouts de match (123 minutes). Laporte explique qu’il fallait « répondre au jeu d’occupation des Néo-Zélandais, qui est un de leurs points forts ». Dans l’histoire, Poitrenaud, seul arrière de métier, paie son coup de botte un peu léger.
Troisième larron, Heymans, grand défenseur, utilisera lui aussi son pied, le gauche, sur son aile pour oser faire reculer les Blacks.
Les vétérans de 1999. – Pour le reste, la vieille garde de 1999 est là. Comme prévu, De Villiers et le capitaine Ibañez devront tenir la première ligne avec Milloud. Pelous et ses 116 sélections grillent Nallet, qui n’a pourtant jamais déçu. L’ex-capitaine est « indispensable en tant qu’homme pour l’avant-match », explique Laporte. Derrière Thion, titulaire en deuxième ligne, Chabal est en réserve de l’artillerie pour un coup physique et psychologique en début de seconde période. Le dernier vétéran, Dominici, sauve une place sur le banc au détriment de Rougerie. C’est Clerc, le Français le plus rapide, auteur de cinq essais sur ce Mondial, qui jouera d’entrée.
Stratégie : priorité à la défense. – La composition est sans ambiguïté. En plus du jeu au pied, qu’on veut allonger au maximum en cherchant sans doute la touche (secteur où les Blacks sont peut-être plus friables), la parole sera aux contreurs. Symbole : cette troisième ligne, où les deux machines à plaquer, Betsen et Dusautoir, encadreront Bonnaire, le roi des airs, pour limiter l’action de la terrifiante triplette McCaw, So’oialo, Collins. Une grosse clé du match. Au centre, Jauzion et Marty doivent pouvoir contenir McAlister et Muliaina. L’essentiel des espoirs offensifs des Bleus reposera sur le flair d’Elissalde ou un exploit personnel d’un trois-quart.
Risqué ? – De l’art d’être inconstant. Les Bleus vont jouer avec une quatrième charnière et un troisième arrière différents en cinq matchs… Laporte et Maso sont peut-être dans leur logique, celle du groupe, où la forme et la tactique priment. Avec la célèbre phrase : « On joue et on gagne à trente. » On note toutefois que les grosses équipes de ce Mondial ont jusqu’à présent moins joué aux apprentis sorciers, en faisant confiance à une équipe type dans les moments importants, en privilégiant la spécialisation au poste plutôt que la polyvalence. L’expérience Heymans contre l’Argentine avait été un flop. On est impatients de voir si cette fois la France est taillée pour l’exploit.













