La Voix du Nord - 05/10/2007 |
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PHOTO PATRICK DELECROIX
Témoignage d’un gamin, qui vient de s’y mettre. « Le rugby, c’est génial parce qu’on peut tout faire. Taper au pied, prendre le ballon à la main, pousser, faire tomber l’autre, se rouler par terre... » Ah, la liberté retrouvée, le bain de boue tel l’éléphant à la toilette ! Chassez le naturel, il revient au rugby… constatent les mamans. Elles savent combien les machines à laver doivent tourner à plein régime le mercredi soir, après le sport.
Donc, si l’on a bien compris, les vendeurs d’électroménager vont faire des affaires après la Coupe du monde. Car partout en France, des jeunes se mettent au rugby. Sur le plan national, la hausse du nombre de licenciés atteint 30 %. Cette fois, l’ovale déborde franchement de son terroir du sud de la Loire.
Notre région est même en première ligne. Les chiffres de la progression y sont très au-dessus de la moyenne. Les quelque 150 dirigeants réunis à Grande-Synthe le 29 septembre pour préparer la saison ont pu le constater.
Le club hôte ce jour-là, Grande-Synthe, enregistre ainsi une progression de 40 %. Au club, Roger Dupont considère que l’impact médiatique offre une belle surprise. « On parle du rugby dans le bon sens, ça porte ses fruits. Maintenant, il va falloir garder l’enthousiasme et accrocher les nouveaux.
» À Arras aussi, ça marche fort. Le RCA va redémarrer avec 250 mômes, dont 70 débutants. À ce compte-là, les dirigeants peuvent imaginer inscrire de nouvelles équipes dans des championnats, y compris chez les filles, ce qui pourrait permettre de capter… des subventions de la fédération. Bien joué.
Le phénomène n’est pas nouveau. En 1998, le Mondial de foot avait produit les mêmes effets dans ses clubs. Le ballon rond, hyper organisé, avait bien su digérer l’assaut. Le rugby va-t-il lui aussi y parvenir ? Jean-Pierre Leblon, du Lille Métropole rugby-club (LMRC), est enthousiaste à l’idée de relever le challenge. « C’est énorme, s’exclame le président du LMRC-LUC, on va passer au moins de 120 à 180 licenciés, soit 50 % d’augmentation. Pour moi, l’école de rugby, c’est la base, mon cheval de bataille. Alors même si nous sommes à la limite de la saturation, ça va aller. Et puis, on avait anticipé en gagnant en qualité et en dédoublant les catégories. » Le LMRC, qui regroupe Lille, Villeneuve-d’Ascq (140 jeunes) et Lambersart (l’Iris relance son école), totalise désormais plus de 1 000 licenciés.
Révolution
Ça pèse sur la métropole d’autant qu’on entend le même son de cloche du côté du voisin, dans la plus grosse école de rugby au nord de Paris, à Marcq-en-Baroeul. Philippe Maraval, l’entraîneur de l’équipe première – qui a eu le sélectionneur des Bleus Bernard Laporte comme élève à la fac de Toulouse – annonce que le club va passer la barre des 500. « On en a par exemple 70 chez les moins de sept ans ! » Une révolution dans une structure adaptée à des quantités moindres. « Il faut donc être imaginatif pour faire face. On met en place un tas d’actions, avec du parrainage de joueurs, des stages, du suivi sportif, etc. On bosse comme des fous, mais il le faut si on ne veut pas que le soufflé retombe. » Le technicien pense également aux petits clubs, qui voient eux aussi arriver du monde. « Nous sommes débordés, qu’est-ce que ça doit être chez eux ! » À ce sujet, et c’est le petit bémol de la situation actuelle, Philippe Maraval espère que la fédération va vite s’emparer du sujet pour accompagner le mouvement. « Pour l’instant, l’école de rugby est une fourmilière un peu seule. Ce n’est pas bien de laisser toute la responsabilité de ce boum aux seuls clubs. On attend que le comité (des Flandres) nous aide pour éviter ce qui serait un beau gâchis.
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