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La Voix du Nord - 07/10/2007
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COUPE DU MONDE DE RUGBY Au bout du courage et du suspense, les Bleus sont les géants de France !
 Elissalde vient de sortir le dernier ballon, Clerc et Traille explosent, la France est qualifiée! Qua-li-fiée ! L’équipe de France a déjoué tous les pronostics en se qualifiant pour les demi-finales (face à l’Angleterre), hier à Cardiff.
Les Blacks sont tombés (20-18) à la régulière contre une bande de gaillards féroces, habités par une aventure à laquelle on peut désormais croire de toutes nos forces. Après 1999, un nouvel exploit pour l’histoire du quinze de France.

À CARDIFF, PAR RICHARD GOTTE

sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP

 

C’est énorme, mais on pouvait se douter dès le départ que cette soirée allait nous arracher des larmes. Le haka face au drapeau tricolore, les Bleus unis dans des tee-shirts aux couleurs de la patrie devant les guerriers maoris, les yeux dans les yeux, mon nez contre ton nez, ma terre contre ta terre, ta rage contre ma fureur… Brrrr cette ouverture théâtrale au centre du ring, qui situait bien les enjeux, on en a encore la chair de poule.



Ressources bleues

Il était plutôt bien vu ce coup d’intox, au moins pour le spectacle et pour évaluer la détermination de nos Bleus. Mais les affaires ne s’engagèrent pas pour autant dans le bon sens car la France perdit très vite Betsen, KO sur un choc avec Rokocoko (5e). C’est dommage, car la tactique du jeu long au pied et de l’agressivité dans les duels avait permis aux avants français de s’installer dans le camp des Blacks, mis sur le reculoir et d’une prudence bien inhabituelle.
Les Bleus auraient d’ailleurs pu ouvrir la marque, si Traille avait passé son drop (7e). Il laissa là passer une belle occasion, ce qui ne fut pas le cas de Carter qui, lui, prit trois points dès la première incursion (0-3, 12e). Les Néo-Zélandais enchaînèrent en enfonçant leur bélier de la lande kiwi dans la défense. McAlister, qui avait des jambes de feu, arracha tout sur son passage (0-10, 17e).
Sale temps sur Cardiff nous donnait alors le bulletin météo. Les Français étaient présents, de beaux guerriers, mais ils oubliaient de prendre des points, avec deux pénalités manquées par Beauxis et Elissalde (24e et 37e). Juste un petit pactole avant la pause (3-10). Non, pas ça, pas de gâchis, s’il vous plaît…



Mais les ressources étaient bleues hier et surtout c’est la seconde période qui portait en elle toute l’ivresse. Morts de faim, les équipiers d’Ibañez revinrent tels des taureaux ailés, charcutant les Blacks à la bravoure, notamment le grand Robinson, qui chasse pourtant le sanglier à mains nues.
Le pack tricolore fut d’une détermination sans faille et la France sut progressivement installer son jeu pour gagner les espaces. Dusautoir, un héros hier, le Black des Bleus, fut ainsi sublime dans l’alignement quand il échappa aux gardes noirs pour planter l’essai de l’espoir (13-13, 46e).
Certes, McCaw sonna la charge et la Nouvelle-Zélande sut repasser en tête, en épuisant la résistance française un instant pour l’essai de So’oialo (13-18, 63 e). Allez savoir pourquoi, à ce moment-là, après ce bras de fer remporté par l’adversaire, on pensait l’exploit toujours à portée de mains. C’est que les Bleus avaient encore un atout. Michalak. Le crâne rasé entra dans la position de l’archange qui vole au-dessus de l’eau et mit à son tour ses belles jambes de danseur étoile en mouvement pour effondrer les certitudes néo-zélandaises. Jauzion suivit sa cavalcade pour aller marquer derrière un essai de pure folie (20-18, 69e). Il restait à défendre, à ne rien céder, au sacrifice, au sang, en mémoire de tous. Sur la ligne bleue nuit, ils furent magiques, bras levés vers le ciel quand leurs victimes sanglotaient au sol, les bras en croix. •
 
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