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La Voix des Sports - 08/10/2007
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Des Bleus magnifiques, des Bleus pour l’exploit
France - Nouvelle-Zélande

 Les Français exultent, ils tiennent leur exploit face aux favoris. Cardiff (envoyé spécial). – À l’expression « Impossible n’est pas français », volontiers cuisinée à toutes les sauces, annexons pour marquer le coup une petite nouvelle qu’on va désormais déguster en ovalie : « L’exploit, lui, est bien français ».

La fabuleuse histoire du XV de France a gagné un nouveau chapitre glorieux, avec cette somptueuse victoire acquise aux dépens des All Blacks (20-18). On y croyait sans y croire, un peu, beaucoup, avec aussi parfois la peur du ridicule. Et finalement, ils l’ont fait, comme en 1999, comme toujours après les doutes. C’est aussi ça la France.


Voilà les Bleus qualifiés pour les demi-finales de leur Coupe du monde. Ça se passera samedi au Stade de France (21 h) face à l’Angleterre. Vous la croyez celle-là ? Tout le monde disait l’hémisphère nord au bord du gouffre, attendait Nouvelle-Zélande - Australie… Et c’est un bon vieux France - Angleterre des familles, le cassoulet contre les petits pois fluos, un vrai menu du Tournoi des six nations qu’on nous sert. Quel retournement de situation  !


Humiliés face à l’Argentine, les Français ont magnifiquement repris le contrôle de leur histoire. Ils ont montré qu’ils savaient ne pas faire n’importe quoi quand on leur confiait leur destin. Avec détermination, ils ont construit leur victoire en défense, réussissant 178 plaquages (90 % de réussite, des chiffres inouïs !) contre seulement 36 pour les Blacks, avec d’ailleurs une efficacité moindre (70 %).
Les Néo-Zélandais n’ont pas manqué de munitions, ils ont eu la balle la plupart du temps (63 % de possession), ont campé neuf minutes dans les vingt-deux français, soit une éternité. Et pour quoi au final ? Des clopinettes.


Car, non seulement, les Bleus ont su jouer contre nature, privilégiant le pied comme annoncé, bien carrés et calés dans leur stratégie. Mais, en plus, ils sont restés d’une discipline exemplaire, avec seulement deux pénalités sifflés contre eux. A ce propos, merci à M. Barnes, le jeune arbitre anglais, qui nous va bien… Les Néo-Zélandais se sont cassés les dents sur ce mur français imperméable. Et ils n’ont pas su contrer deux actions de grande classe, où là, cette fois, le « french flair » est revenu au galop.


Quel scénario et quel régal ! La dernière victoire française face à la Nouvelle-Zélande remontait au 18 novembre 2000 à Marseille (42-33). Depuis, les Bleus avaient perdu huit fois contre la surpuissante escouade de Graham Henry. Un monsieur ce coach kiwi, 42 victoires en 48 matchs quand même, qui vint dans le vestiaire français féliciter les vainqueurs. « Les Français ont été très forts en défense. Nous sommes déçus, mais les meilleurs ont gagné.  »

 

Pour lui et ses joueurs, le retour au pays sera pénible. Le peuple est triste. Vingt ans que la Coupe du monde se refuse.
Pour la France, en revanche, tout continue ou recommence. D’outsider freluquet, l’équipe de Laporte redevient l’équipe à battre. On ne sort pas indemne d’un exploit face aux Blacks. Le sélectionneur le sait, comme il sait que l’Angleterre sera un autre défi, un autre match piège. « On ne peut pas s’éterniser sur la victoire. Il faut penser dès aujourd’hui à la demi-finale », confiait-il hier à Cardiff, après une nuit où chacun a bien profité.


C’est ainsi que les Bleus reviennent aujourd’hui à la maison. « Je suis fier de nous », a glissé Chabal dans la nuit de Cardiff. «  Après cette escale forcée, on revient chez nous, devant notre public, la tête haute. Je pense qu’il va y avoir de l’ambiance… »

Richard GOTTE
Photo AFP

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