La Voix du Nord - 10/10/2007 |
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On ne pouvait pas leur faire ça…
On prend les mêmes et on leur demande de recommencer, c’est la philosophie du jour en Ovalie. Les héros de Cardiff devront devenir ceux du Stade de France, samedi face à l’Angleterre. L’exploit face aux Blacks a trop marqué les esprits pour s’aventurer à changer quoi que ce soit, telle fut la réflexion du staff français à l’heure des choix. Ça nous semble tomber sous le coup du bon sens.
PAR RICHARD GOTTE
sports@lavoixdunord.fr PHOTO AFP Le suspense n’a pas duré. Hier matin à Marcoussis, dans ce centre national que les Bleus vont devoir quitter à regrets (nouvelle exigence de l’IRB…), à une heure matinale qu’un lendemain de troisième mi-temps n’autoriserait pas, Jo Maso n’a rien ménagé au moment de dévoiler la liste : n° 1 Olivier Milloud, n° 2 et capitaine Raphaël Ibañez, n° 3 Peter De Villiers, etc.
Rapide dès le départ, le manageur des Bleus a accéléré en course, dans sa logique. Aucun ralentissement, même pour Lionel Beauxis en n° 10, avant un sprint final sur le banc des remplaçants. Vingt-deux, c’est bon, vous pouvez respirer. Les vingt-deux mêmes, on vous dit, en leur lieu, place et qualité !
Pour une surprise… ça n’en est pas une. Bien sûr, jusque-là, les sélectionneurs n’avaient jamais aligné la même équipe deux fois de suite. Partant du principe qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, que nos hommes ne voulaient pas courir idiots. Et de cet autre poncif non moins célèbre, le « on ne change pas une équipe qui gagne », « l’équipe est donc reconduite en bloc », a assumé Jo Maso.
Se souvenant des épisodes précédents et de l’insistance des coachs au niveau du « turn-over », les journalistes ont essayé. « Alors, on ne gagne plus à trente ? » Bernard Laporte a d’abord manié l’ironie. « Non, on ne peut mettre que quinze joueurs sur le terrain, plus sept sur le banc… » Avant de redevenir sérieux comme un ministre. « Il y avait peut-être débat pour un ou deux. Mais on ne pouvait pas faire autrement que refaire confiance à cette équipe qui a battu les Blacks. Nous, on veut les meilleurs pour battre les Anglais. » Même si une équipe type est cette fois dégagée, la notion de groupe n’est pas oubliée, a toutefois certifié Jo Maso. « Les huit qui ne jouent pas seront plus importants que les vingt-deux qui jouent. Mais je n’ai pas de soucis. J’ai vu les attitudes à Cardiff. Nous n’avons pas de ruffians (aventuriers). »
Chabal, le talisman
Au moment de trancher, le staff a été conforté par les nouvelles rassurantes de l’équipe médicale et des préparateurs physiques. Tout le monde est apte, y compris Betsen. Le choix de Beauxis ? « Nous avons été satisfaits. Il a bien joué sans prendre de risques. Et il a une arme essentielle : le pied. » On comprend donc que les Français comptent encore l’utiliser pour éloigner la botte de Wilkinson, qui conduira une équipe anglaise, elle aussi réinstallée intégralement. De chaque côté, on souffle sur les braises de la confiance. Et on affûte ses flèches.
Hier, le troisième ligne anglais Moody a pointé un gros danger chez les Français : Chabal. « C’est le talisman du pack français. La clé du match sera de le surveiller pour le tenir à l’écart du jeu. » Excellent cette élégante manière de se redouter avant de se retrouver !
O. R.














