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La Voix du Nord - 14/10/2007
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COUPE DU MONDE DE RUGBY
À Arras, six cents supporteurs vibrent pour les Bleus... par écran interposé
 Salle Léo-Lagrange, ou dans les bars arrageois, les retransmissions du match ont réuni un public nombreux. Mais déçu. Hier soir, les Arrageois ont disposé d’une salle de sports et d’un écran géant pour supporter le XV tricolore. Deux fois plus nombreux que lors du quart de finale, ils ont poussé l’équipe nationale et succombé à la « Chabal-mania ». Malgré la déception finale.

PAR BENOÎT FAUCONNIER
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO SAMI BELLOUMI



À Arras, point de métaphores guerrières pour qualifier les Anglais. Les citoyens de Sa Gracieuse Majesté sont connus, dans la capitale atrébate, pour être de charmants et discrets touristes. Changement de décor, salle Léo-Lagrange, à deux pas de la mairie et de la Grand-Place. Les lois du sport et du chauvinisme reprennent leurs droits. Retransmission télé oblige.


Arras, qui a laissé ses installations sportives à disposition des rugbymen anglais, hébergés au cours de la première phase de la compétition dans un hôtel situé à trois kilomètres de là, s’est offert le droit de rediffuser la rencontre, passant outre la polémique naissant dans les bureaux de TF1. Dans la salle de sports du centre-ville, six cents « complices » sont de la partie. Très jeunes, pour la majorité, accueillant un spectateur barbu, chevaux mi-longs par de vigoureux « Cha-bal, Cha-bal ! ». Tous debout pour la Marseillaise, ils hurlent à la moindre impulsion tricolore, après l’essai anglais de la première minute.



La moindre image de Chabal dans les gradins fait réagir. Ivres de bonheur quand le « dévoreur d’enfants », ainsi désigné par un tabloïd anglais, entre sur le terrain. Furieux quand le même Chabal reste au sol de longues secondes. Arras a vibré. « Contre les Blacks, je pensais qu’ils allaient perdre, raconte Virginie, en cours de première mi-temps. Mais tout est possible. » Arras a stressé, aussi. Cécile ironise : « Faudrait peut-être qu’ils arrêtent de jouer au pied. Ce n’est pas du football ! » Dans les gradins, des drapeaux et chapeaux sont venus colorer la ferveur. Un trentenaire, d’apparence si sage, bondit à tout va. Transcendé.


À la 76e minute, les techniciens de la ville remballent le plan qu’ils avaient imaginé en cas de qualification des Bleus pour la finale : la fête et la retransmission, prévues au pied du beffroi, n’auront pas lieu. Samedi prochain, à Arras, le touriste anglais, se fera très discret... • 

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