La Voix du Nord - 14/10/2007 |
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Mauvaise nouvelle pour le public de Saint-Denis : il ne reverra pas les Bleus, samedi prochain, à la même heure, au même endroit. Des Bleus qu’il a vainement soutenus dans la difficulté, en croisant les doigts pour que la lumière vienne.
Traille, Michalak et consorts ont multiplié les chandelles pour éclairer le jeu mais cela n’a pas vraiment aidé leurs équipiers à trouver la sortie du tunnel où les Anglais les emmenaient doucement. Tout doucement. Vers le Parc des Princes et une petite finale au goût de bouchon.
Avant le feu d’artifice d’une qualification anglaise fêtée jusque tard dans la nuit parisienne, on passa par une longue période de pétards mouillés, côté ambiance. Certes, il faisait froid mais pas de quoi, pensait-on, refroidir les ardeurs des costauds venus de Bristol ou des lurons de Biarritz.
Timide
Sauf que, comme c’était tendu sur le terrain, l’applaudimètre ne s’affola pas durant les trente premières minutes. Les percées de Thierry Dusautoir, côté cour, et celles de Nick Easter, côté jardin, avaient pourtant de quoi épater une galerie à la gorge aussi serrée que le score.
L’entrée de Chabal eut au moins le mérite de redonner de la voix aux supporteurs tricolores, qui attaquaient leur deuxième Marseillaise de la soirée et leur première ola.
C’était toujours timide, à la façon d’un jeune premier dans ses petits souliers, mais on commençait à trouver la bonne voie. Histoire de porter ces Bleus « jusqu’au nirvana », comme l’espérait Serge Blanco à quelques minutes du début de la rencontre.
Un coup de Claude François plus tard (« oh ouh oh oh, quand tu souris… ») et on remettait dix sous dans la musique. Toujours avec cette tension qui fait redouter le feu follet Robinson ou qui pousse à, fort peu sportivement, siffler Wilkinson, y compris quand il a eu la balle de match au bout du pied (75e). Une pénalité, un drop : les supporteurs blancs levaient les bras au ciel. Sweet low, sweet chariot, on connaît la chanson… Jo Maso se prenait alors la tête dans les mains.
Dernière prière
Les fans des Bleus joignaient les leurs pour une dernière prière. Le coeur n’y était plus. « England, England », savouraient les lecteurs du Sun. Les croix de Saint-Georges saluaient un nouvel exploit anglais. En même temps, cela ne fera peut-être pas passer la pilule à la centaine de supporteurs australiens, tout de jaune vêtus, qui avaient acheté leurs billets en pensant voir les leurs et avaient dû se contenter d’encourager les Français contre les puissances de l’empire, qui joueront une nouvelle finale.
La sono du Stade de France se met à balancer Oasis. Les Anglais ont chanté. Hier soir, à 22 h 45, ils auraient chanté sur n’importe quoi.














