La Voix des Sports - 15/10/2007 |
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Un mauvais scénario pour une terrible désillusion
France - Angleterre
Saint-denis (envoyé spécial). – Non, c’est pas vrai, pas comme ça, pas maintenant ! Ce n’est qu’un mauvais rêve, on va se réveiller… Qu’elle va nous sembler longue cette dernière semaine de Coupe du monde… La défaite de la France samedi face à l’Angleterre (9-14), une terrible désillusion et une vraie remise à l’eau du côté de Trafalgar pour le rugby tricolore, va contraindre le pays hôte à assister en spectateur à la dernière marche des finalistes, dont l’Angleterre, le bourreau, l’ennemi intime… Pendant ce temps-là, les Bleus iront penauds à la ronde des vaincus, vendredi au Parc des princes déchus. Le supplice n’est pas fini.
Après la gigantesque victoire face aux All Blacks, qui ne devra à aucun prix être rayée des mémoires, on s’était pris à y croire très fort à ce titre mondial pour les Bleus. La semaine qu’on vient de vivre a été magnifique. Le rugby s’est invité partout, son esprit a touché tout le monde, la fête était là. Mais il a fallu que les Anglais viennent briser ce rêve. Il n’y avait qu’eux pour nous faire ça. Et plus dure est la chute.
Un match fermé, âpre, comme la Rose en avait rêvé. Un match qui commence mal pour les Français, sur cette inspiration de Gomarsal mal jugée par Traille (2 e). Un match qui finit encore plus mal, avec ces fatales cinq dernières minutes, où Robinson et Wilkinson ont laissé parler leur talent. Rien à dire. Bravo à eux.
La compétition exige qu’on sache prendre les points quand ils passent et les avants anglais méritaient qu’on valorise leur boulot. L’Angleterre est au rugby ce que l’Italie est au foot. Une grande nation qui sait gagner. On peut pleurer sur le manque de romantisme, le palmarès s’en moque, ça ne fait qu’animer les débats devant la cheminée.
Face à ces rivaux-là, les Français, au lieu d’essayer de copier, ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils parviennent à rester eux-mêmes. Samedi, ils ont trop cherché à gérer à l’anglaise (48 coups de pied contre 43 pour la Rose). Ils ont eu tort d’oublier qui ils étaient. « Les plus réalistes l’ont emporté », lâcha Dusautoir hagard.
Dans les vestiaires, les Bleus ne voulaient pas parler de regrets, mais plutôt de déception. Ils peuvent pourtant s’en vouloir, eux qui furent devant de la 18e à la 75e minute sans parvenir à se détacher et sans vraiment essayer non plus. Ils eurent tout de même la balle de match. « Ça se joue à rien, jugea Elissalde. Si Vincent (Clerc) ou Seb (Chabal) retombe plus loin, nous sommes vainqueurs. C’est un échec, forcément, mais nous avons eu les occasions. » « Si nous marquons à la 68e, le match est terminé », appuya Bernard Laporte.
« Avec des si… » eut aussi l’honnêteté de reconnaître Elissalde. « Le rugby, c’est parfois bizarre. Les Anglais n’ont jamais traversé alors que les Néo-Zélandais l’avaient fait. Mais cette fois, on perd… » Certes, l’écart entre l’Angleterre et la France est infime, mais ça, on le savait dès le départ et ça n’enlève pas toutes les questions qu’on peut se poser après. Car si les Anglais sont restés dans leur registre, jouant comme des Anglais, magnifiquement devant, avec parcimonie derrière, mais jamais à vide, on ne peut pas en dire autant des Français qui n’ont pas eu, semble-t-il, la meilleure approche tactique (lire par ailleurs), ni le gaz qu’il aurait fallu dans les jambes.
On peut être déçu de l’échec des Bleus, mais il faut sportivement reconnaître qu’une équipe incapable de marquer le moindre essai à l’Argentine ou à l’Angleterre ne mérite pas de devenir championne du monde.
Après la gigantesque victoire face aux All Blacks, qui ne devra à aucun prix être rayée des mémoires, on s’était pris à y croire très fort à ce titre mondial pour les Bleus. La semaine qu’on vient de vivre a été magnifique. Le rugby s’est invité partout, son esprit a touché tout le monde, la fête était là. Mais il a fallu que les Anglais viennent briser ce rêve. Il n’y avait qu’eux pour nous faire ça. Et plus dure est la chute.
Un match fermé, âpre, comme la Rose en avait rêvé. Un match qui commence mal pour les Français, sur cette inspiration de Gomarsal mal jugée par Traille (2 e). Un match qui finit encore plus mal, avec ces fatales cinq dernières minutes, où Robinson et Wilkinson ont laissé parler leur talent. Rien à dire. Bravo à eux.
La compétition exige qu’on sache prendre les points quand ils passent et les avants anglais méritaient qu’on valorise leur boulot. L’Angleterre est au rugby ce que l’Italie est au foot. Une grande nation qui sait gagner. On peut pleurer sur le manque de romantisme, le palmarès s’en moque, ça ne fait qu’animer les débats devant la cheminée.
Face à ces rivaux-là, les Français, au lieu d’essayer de copier, ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils parviennent à rester eux-mêmes. Samedi, ils ont trop cherché à gérer à l’anglaise (48 coups de pied contre 43 pour la Rose). Ils ont eu tort d’oublier qui ils étaient. « Les plus réalistes l’ont emporté », lâcha Dusautoir hagard.
Dans les vestiaires, les Bleus ne voulaient pas parler de regrets, mais plutôt de déception. Ils peuvent pourtant s’en vouloir, eux qui furent devant de la 18e à la 75e minute sans parvenir à se détacher et sans vraiment essayer non plus. Ils eurent tout de même la balle de match. « Ça se joue à rien, jugea Elissalde. Si Vincent (Clerc) ou Seb (Chabal) retombe plus loin, nous sommes vainqueurs. C’est un échec, forcément, mais nous avons eu les occasions. » « Si nous marquons à la 68e, le match est terminé », appuya Bernard Laporte.
« Avec des si… » eut aussi l’honnêteté de reconnaître Elissalde. « Le rugby, c’est parfois bizarre. Les Anglais n’ont jamais traversé alors que les Néo-Zélandais l’avaient fait. Mais cette fois, on perd… » Certes, l’écart entre l’Angleterre et la France est infime, mais ça, on le savait dès le départ et ça n’enlève pas toutes les questions qu’on peut se poser après. Car si les Anglais sont restés dans leur registre, jouant comme des Anglais, magnifiquement devant, avec parcimonie derrière, mais jamais à vide, on ne peut pas en dire autant des Français qui n’ont pas eu, semble-t-il, la meilleure approche tactique (lire par ailleurs), ni le gaz qu’il aurait fallu dans les jambes.
On peut être déçu de l’échec des Bleus, mais il faut sportivement reconnaître qu’une équipe incapable de marquer le moindre essai à l’Argentine ou à l’Angleterre ne mérite pas de devenir championne du monde.
Richard GOTTE
Photo Patrick DELECROIX














