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La Voix du Nord - 16/10/2007
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Tombés de haut, les Bleus ont mal partout
COUPE DU MONDE DE RUGBY
 Le ciel est tombé sur la tête d’Harinordoquy et des Bleus, sortis de « leur» Coupe du monde. Depuis samedi, le jouet est cassé et on tente de comprendre. Comment ce quinze de France, qu’on voyait filer vers la gloire après son fabuleux exploit contre les All Blacks, a-t-il pu passer à ce point à côté du sujet ? Poser la question donne encore mal à la tête.

PAR RICHARD GOTTE sports@lavoixdunord.fr
PHOTO PATRICK DELECROIX

Pourquoi la déception est-elle aussi immense ?
Avec les festivités de la compétition et les rêves de victoire finale pour les Bleus, l’équipe de France avait su créer un réel engouement populaire derrière elle, qui avait atteint un pic de forme inespéré après le succès face à la Nouvelle-Zélande. D’un coup, tout s’est arrêté et on a du mal à se faire à cette idée. Car comment peut-on perdre contre l’Angleterre, ce vieil ennemi du Tournoi des six nations, battu deux fois en août, après avoir terrassé la meilleure équipe du monde ? La logique sportive n’y trouve pas son compte.

Comble de l’affront chez les supporteurs, ce quinze de la Rose n’avait pour plaire que l’expérience et la vaillance de son pack, son absence d’états d’âmes et la botte de Wilkinson. À côté, il y avait donc largement la place pour passer. C’est ce qu’on croyait avant, c’est ce qu’on pense toujours. Mais c’est surtout ce qu’on n’a pas vu.
Pas à la hauteur. – Il n’est pas question de brûler ce qu’on a adoré, mais une telle défaite au bout d’une demi-finale indigente ne peut ni faire sourire, ni susciter des compliments. Alors quoi, c’est simplement le sport ? Un peu court. L’encadrement français s’est défendu en avançant que le match s’était joué à des détails. Certes. On peut aussi se dire qu’une équipe de France plus ambitieuse dans le jeu aurait pu ne faire qu’une bouchée de la malice « rosbif ».
Depuis la victoire, les Anglais s’amusent d’ailleurs à forcer le trait. Affreux dans le jeu, heureux en humour. Ce vieux coquin de Mike Catt n’a pas compris pourquoi les Français n’ont pas mis plus de ballons au large. « Nous n’aurions pas pu tenir le rythme longtemps… » Le sélectionneur Brian Ashton a, lui, considéré que son équipe a trop joué par moments. « On essayait de crier aux joueurs de taper dans ce foutu ballon pour le redonner à la France et voir ce qu’elle allait en faire, car il paraissait évident qu’elle n’allait pas en faire grand-chose de plus que nous. » Là, l’Anglais ne prend même plus de pincettes pour se moquer… La Rose sera encore redoutable en finale contre l’Afrique du Sud.
Des erreurs ont-elles été commises ? – Même après coup, il faut le dire : oui, les sélectionneurs se sont trompés.
Le plan de jeu si efficace contre les Blacks était cette fois hors sujet. Il ne fallait pas aborder les côtes anglaises avec l’artillerie lourde du jeu au pied (quarante-huit coups de pied pour la France, quarante-trois pour l’Angleterre, le monde à l’envers…), mais revenir à la cavalerie légère des lignes arrières, au jeu à la main, mettre du désordre partout sur le terrain pour perturber et épuiser.
En faisant le choix de reconduire les vainqueurs de Cardiff, le staff a cru jouer la sécurité alors qu’il courait à sa perte. Contre les Anglais, le code d’honneur est important. Il ne faut jamais essayer de ne pas perdre. Il faut toujours tenter de gagner. •  

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