La Voix du Nord - 18/10/2007 |
![]() |
L’ouvreur Frédéric Michalak, titulaire pour le match face à l’Argentine demain, reconnaît qu’il « n’adhérait plus au discours » de l’entraîneur du quinze de France.
– Vous avez exprimé des regrets sur la stratégie employée après la demi-finale. Quels sont-ils exactement ?
« Ce sont les joueurs qui sont sur le terrain, donc à nous d’essayer de mettre les choses en place, mais c’est difficile, car tactiquement on part sur quelque chose et c’est difficile de tout chambouler. On aurait pu arriver avec plus d’ambitions offensives. Il faut s’adapter à la défense adverse. On a joué au pied, car on a eu du mal à avoir de bons ballons. Les Anglais ont su nous contrer en retardant les ballons au sol.
»
– Voulez-vous dire que le jeu du XV de France est trop lisible ?
« Ce qu’on fait est tellement stéréotypé que c’est voyant. Tout le monde sait comment on joue. C’est facile de nous contrer. Regardez les Argentins : ils ont ralenti les ballons et nous ont empêchés de développer notre jeu. »
– Avez-vous l’impression que l’équipe de France a stagné depuis 2003 ?
« Oui. C’est un peu toujours pareil. Cela n’a pas vraiment évolué plus que ça. Je trouve que ce qu’on a proposé était assez pauvre.
On aurait pu faire mieux. Je ne dis pas ça car j’ai peu joué, mais car je le pense. On ne peut pas se contenter de ce qu’on a fait. La frustration est grande car il y a de la qualité dans ce groupe. Quelques joueurs manquaient peut-être aussi de confiance. Un joueur comme Yannick Jauzion, c’est une plaque tournante de l’équipe. Il a besoin d’être en confiance. »
– Tout n’a pas été fait pour qu’il le soit ?
« Je ne pense pas. »
– N’avez-vous pas aussi été inhibés par le contexte ?
« Je ne pense pas que ce soit lié à l’événement. On a fait un faux pas d’entrée, mais on a su faire de bons matchs derrière. Cela prouve que le groupe avait de la force, du caractère. Mais l’équipe a beaucoup changé. C’était difficile. Peut-être que nous, les joueurs, nous aurions dû nous prendre plus en charge. »
– Avez-vous émis ces critiques en interne ?
« On en parle entre nous les joueurs, mais on ne peut pas repartir à zéro. C’est quelque chose qui est mis en place depuis quatre ans. Tu ne peux pas changer d’un coup. On s’est parlé après l’Argentine, mais on est des joueurs et ce n’est pas nous qui mettons en place les choses tactiquement. On aurait peut-être dû prendre plus de responsabilités. C’est vrai que c’est nous qui sommes sur le terrain. »
– Faut-il voir dans vos propos une rupture avec Bernard Laporte ?
« Je ne compte pas me braquer contre Bernard (Laporte), mais à un moment donné, il y a des discours auxquels tu adhères et d’autres auxquels tu n’adhères plus, car tu les as trop entendus. Je n’adhérais plus au discours, même si entre les joueurs, il y avait quelque chose de fort. »














