La Voix du Nord - 19/10/2007 |
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La France et l’Argentine se disputent ce soir la troisième place du Mondial, avec l’envie commune de ne pas faire de ce match une simple corvée où l’on va en traînant les pieds. Pour réussir leur sortie, les Bleus doivent bien sûr l’emporter mais aussi remercier leur public. Avec du jeu et des sourires.sports@lavoixdunord.fr
PHOTO PATRICK DELECROIX
C’est l’heure du dernier tango à Paris. Au moment de retrouver nos amis argentins, qui portent comme nous cette part de désir inassouvi, la finale des vaincus a du mal à s’extraire de la tristesse, même si le bandonéon, c’est magnifique. Il le faut pourtant, car la vie continue, le sport aussi… Et on souhaite d’ailleurs tant aux Anglais qu’aux Sud-Africains de nous offrir une grande finale demain.
En attendant, pour ce soir, on a envie de retrouver le coeur des compétiteurs. Il faut donc gagner pour aller chercher cette médaille, dont personne ne se souviendra dans dix ans, certes. Mais qui sur le coup fera bien plaisir, soyons-en sûrs.
Gagner et convaincre
Le public français s’est tellement emballé pour son équipe qu’on a envie que celle-ci soit réceptive encore une fois. Pour ne pas se quitter sur un malentendu. Il y a encore la place pour une belle fête !
La victoire, on peut aussi se la fabriquer dans une logique revancharde, face à ces diables d’Argentins, aussi beaux danseurs que fiers guerriers. L’équipe des Pumas s’est épanouie dans la savane française en devenant cette bête noire d’ouverture. Si nos Coqs ont un peu de fierté, ils voudront montrer qu’ils n’ont que moyennement apprécié la plaisanterie.
On peut aussi imaginer que les huit joueurs écartés des deux matchs de la phase finale, qui se surnommèrent eux-mêmes les passagers de « la charrette », MM. Nallet, Nyanga, Skrela, Rougerie, Martin, Bruno, Mas et Mignoni, ont comme des pulsions leur intimant l’ordre de prouver aux sélectionneurs qu’ils se sont trompés. On pense en particulier à Nallet, le meilleur deuxième ligne français la saison dernière, qui a dû se retenir de peur d’exploser. On ne saura jamais tout ce que sa présence aurait pu nous apporter.
L’histoire de cette dernière sortie, c’est aussi une drôle d’ambiance dans un drôle de décor. Nous voilà donc de retour au Parc des Princes, qu’on aime revoir à l’occasion même si cette fois c’est pour une mauvaise raison. Le président de la République sera quand même présent et il pourra repartir dès la fin du match avec son ministre Bernard Laporte, car le travail n’attend pas.
À ce propos, il était temps que ça se termine pour le sélectionneur. On ne sait pas s’il sera plus abrité dans son ministère, mais les critiques tombent depuis l’échec face aux Anglais, surtout dans les médias et chez les supporteurs. Chez les joueurs, hormis Michalak, personne ne « balance » et c’est sans doute mieux ainsi. Le lynchage après coup, c’est tellement facile. On préfère de beaucoup en ultime réponse le panache d’une équipe qui sait se relever et prendre date pour le Tournoi des six nations, le 3 février à Edimbourg. Alors SVP, rangez les pieds, lancez les filets au large et allez replanter le drapeau tricolore dans l’en-but. C’est ça la vie qu’on aime en ovalie !














