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La Voix du Nord - 23/10/2007
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Le rugby français veut prolonger l’histoire d’amour
COUPE DU MONDE
 La victoire de l’Afrique du Sud de Bryan Habana a couronné six semaines d’un franc succès. D’un immense succès populaire au triomphe des Springboks, la sixième Coupe du monde nous a offert six semaines riches en émotions qui ouvrent d’autres perspectives pour le rugby français. Même s’il y eut une baisse de moral avec l’échec des Bleus, la fête n’a jamais quitté le territoire. Retour en Ovalie juste pour le plaisir.

PAR RICHARD GOTTE
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO PATRICK DELECROIX

On a aimé La France folle du rugby ! –

Non ce n’est pas une amourette. C’est un vrai coup de coeur et même la principale réussite des organisateurs, qui vaut d’ailleurs au président du comité d’organisation Bernard Lapasset d’accéder à la présidence de l’International Rugby Board. Tout le pays s’est passionné pour sa Coupe du monde, les enfants comme les mémés qui aiment la castagne !

L’actuel patron du rugby mondial, l’Irlandais Syd Millar, a déclaré dimanche que France 2007 avait offert la plus belle compétition de l’histoire. Les stades furent pleins à 94 % dans l’Hexagone, l’ambiance dans les tribunes, fraternelle et familiale, donna une autre image de ce bonheur qu’on peut partager dans une enceinte sportive. La télé n’a pas à se plaindre non plus, avec un record de 18,5 millions de téléspectateurs pour France - Angleterre.
La victoire des Springboks – Ils étaient les meilleurs, ils ont gagné, à la régulière, sans jamais renier ce qu’ils sont. On aime aussi cette victoire pour son symbole, toute la cohésion et le réconfort qu’elle apportera à la société sud-africaine. L’entraîneur Jack White est un beau porte-parole de la société multiculturelle. « C’est la construction d’une nation qui continue. » Et c’est de bon augure avant le Mondial de football en Afrique du Sud en 2010.
Les Bleus face aux Blacks – Ce match, ce sont des frissons pour la vie. Un haka sublimé par le panache tricolore, les langues tirées, l’appétit de Chabal, les yeux de Rokocoko, la peur masquée par le courage, l’orage avant la tempête… Et puis vient le match inoubliable de Français héroïques face aux meilleurs joueurs de la planète. Ce soir-là, la France s’était endormie avec un sentiment d’invincibilité.
La foi des Anglais. – Personne ne croit jamais en eux, mais eux veulent toujours sauver la reine. L’Angleterre est allée en finale avec la pire équipe de son histoire, s’amusent à reconnaître les supporteurs. Avec leurs grognards, un gros pack et ce mental que la terre entière leur envie, les Anglais ont été de formidables compétiteurs.
La fraîcheur des îles. – Fidji, Tonga, Samoa, revenez quand vous voulez ! Le Pacifique sort la tête haute de ce Mondial, avec du jeu à la main, des intentions de moins en moins de complexes. On espère que l’IRB maintiendra vingt équipes qualifiées pour le Mondial 2011 en Nouvelle-Zélande. La performance des petites équipes est d’autant plus méritante qu’elles furent parfois maltraitées au niveau du calendrier par rapport aux grosses écuries. L’IRB doit réfléchir à plus d’équité en la matière.

O n n’a pas aimé

L’échec des Bleus. –
À la fois dans le fond (pas de finale, encore moins de titre) et dans la forme (où était le jeu ?). Les Français ont échoué alors qu’ils avaient tout pour réussir, les moyens, la préparation et le public. Cet échec plonge notre rugby dans une petite crise, mais on peut aussi en faire une simple remise en question pour permettre de tirer les enseignements qui s’imposent. Rapidement et calmement. Le départ de Bernard Laporte devrait permettre de tourner la page sans trop d’éclats et de passions mal contrôlées. Reste que le ou les successeurs auront un drôle de challenge à relever pour ramener le « french flair » à la maison. La défense, OK, mais le rugby n’est pas un sport qui s’épanouit dans l’ennui.
Le jeu trop étriqué. – La finale comme un symbole de ce jeu que certaines équipes n’hésitent plus à refuser sous le prétexte de la compétitivité. Maintes fois soulevé pendant la compétition, le problème est pris très au sérieux par les instances du rugby mondial qui ne veulent pas risquer maintenant le désamour avec le public. Dimanche Syd Millar s’est déclaré favorable à l’instauration de nouvelles règles visant à favoriser le jeu. «  Nous voulons libérer le jeu pour qu’il soit plus facile à comprendre, pour le rendre plus excitant. Il faut mieux utiliser l’espace et le jeu de passes. Notre objectif est de gagner 10 % de temps de jeu », a expliqué le président de l’IRB.
La bière trop chère. – L’exploitation commerciale autour du Mondial n’a pas toujours été comprise par le public et la famille du rugby. À 8 E la bière autour du Stade de France, on était loin du barbecue dans le jardin de « papy Gégé », à la bonne franquette et au tonneau. Que l’IRB veuille grandir, ça se respecte. Qu’elle veuille marcher sur les pas du football où l’argent fait trop la loi, on peut ne plus être du tout d’accord. •
 
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