La Voix du Nord - 06/08/2006 |
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Diaw : « Aux USA, ils m’appellent le Magic Johnson du pauvre ! »
En un an, la carrière du nouveau capitaine de l’équipe de France, Boris Diaw, a décollé au point qu’aux Etats-Unis, on le surnomme désormais le « Magic Johnson du pauvre », son idole de jeunesse. Joueur intelligent et polyvalent, Diaw, 24 ans, précise que «là-bas», ce qualificatif de « pauvre » n’a rien de péjoratif et qu’il signifie seulement que leurs jeux se ressemblent. Une parenté qui fait du joueur des Phoenix Suns un atout choc de l’équipe de France en vue du Mondial. Interview... Fin août, la France dispute son premier Mondial depuis vingt ans. Cela suffit-il à votre bonheur ?
« Pour être crédible sur la scène internationale, c’est bien d’être là. Pour moi, c’est le minimum, la base. Après une fois que t’y es, tu vas dire quoi ? Voilà c’est fait, on rentre à la maison ? Non, on va jouer quand même (rires). On va se battre pour aller loin. »
Jusqu’où ?
« Je pense que l’objectif naturel est d’arriver en quarts de finale. Faire partie des huit meilleures équipes mondiales, ce serait bien. Viennent ensuite les matches couperet et là tout peut arriver. »
Vous affirmez souvent être très attaché à l’équipe de France. Cela vient-il de votre mère, ancienne internationale ?
« Oui sans doute, elle compte 247 sélections, ça fait quand même beaucoup. Si je peux la rattraper ? Pfff, ils jouaient énormément à l’époque. Je dis toujours à Claude (Bergeaud, le sélectionneur) qu’il faudrait faire plus de matches amicaux (rires). Mais qui sait, j’ai commencé jeune. »
Votre club n’a-t-il pas posé de problèmes pour vous libérer cet été ?
« Aucun, parce qu’ils savent très bien que pour moi il y a deux saisons : celle en NBA et celle avec l’équipe de France. »
Cela ne risque-t-il pas de changer à l’avenir ?
« Non, c’est très clair. Même si je devais partir de Phoenix, l’équipe qui voudra me signer saura que je suis comme ça. De toutes façons, ils n’ont pas le droit de t’empêcher d’aller en sélection. Ils peuvent seulement te mettre la pression, surtout quand t’es jeune. Avec moi, ils ne pourront pas, parce qu’ils savent que ça ne marchera pas. »
Enchaîner les saisons NBA et internationales ne vous fait pas peur ?
« A moi de m’adapter. Tu ne peux de toute façon pas t’arrêter pendant quatre mois. Ce n’est pas possible. Si tu reprends, tu "casses" direct. Il faut jouer. Alors autant que ce soit avec l’équipe de France. »
Vous avez fait quoi entre la fin de la saison NBA et les retrouvailles avec l’équipe de France ?
« Je suis resté à Phoenix. Des amis étaient venus de France pour voir la finale. On a été éliminés avant, mais ils avaient toujours leurs billets. Alors ils sont restés. On était bien, avec le soleil. Puis je suis rentré en France fin juin. »
N’est-ce pas étonnant de passer ses vacances dans sa « ville de travail » ?
« Je suis bien là-bas. A part mes amis, il n’y a pas grand-chose qui me manque. J’ai même trouvé deux petits restaurants français. Vous savez, il ne m’en faut pas beaucoup pour mener ma petite vie. Certains éprouvent du mal à trouver leurs repères. Moi j’ai vraiment des besoins très limités à ce niveau-là. »
Cela vous sert-il sur le terrain ?
« Sans doute. Dans la vie, je m’adapte assez facilement aux situations nouvelles. Sur le terrain, c’est un peu pareil. »
Vous n’avez effectivement eu besoin que d’une saison à Phoenix pour remporter le titre de MIP (joueur ayant le plus progressé)...
« Ce titre je le dois surtout à l’équipe. Les années précédentes à Atlanta, j’avais progressé aussi, mais je n’ai jamais pu le montrer. L’environnement, la confiance du coach, les coéquipiers, c’est très important. Chez nous, chacun est prêt à passer la balle et en plus il est content derrière. Phoenix est vraiment une équipe atypique en NBA. »
Comment vous perçoivent les Américains avec votre côté très polyvalent ?
« Ils m’appelent le Magic Johnson du pauvre ! Là-bas, ça n’a rien de péjoratif. Ca veut juste dire que tu joues un peu de la même façon, sans forcément avoir le même niveau. C’est plutôt marrant car Magic, c’était mon idole, je voulais mesurer deux mètres et jouer meneur comme lui. J’avais ses posters dans ma chambre. Je lui ai même écrit une lettre, je devais avoir dix ans. Mais il ne m’a pas répondu (rires). »
Aujourd’hui c’est vous l’idole. Qu’est ce que ça fait ?
« C’est venu très vite, donc je ne me prends pas la tête avec ça. Servir de modèle, ça fait un peu partie du job (rires). Je suis content si je peux donner du rêve aux gamins, une inspiration. »
Est-ce que ça entraîne des responsabilités supplémentaires ?
« Oui, mais il faut que cela vienne naturellement. Je ne vais pas donner une fausse image de moi juste pour être le modèle 100% parfait. Mais si je suis invité dans une école, c’est sûr que je vais leur dire: "travaillez bien en classe hein" (rires). »
Propos recueillis par Jacques KLOPP (AFP)















