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La Voix du Nord - 19/08/2006
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Tony Parker : le rêve brisé par un doigt fracturé
TP sentait bien qu’il ne pouvait plus rien apporter aux Bleus. Il retournera à San Antonio dès demain. PHOTO AFP Tony Parker était motivé comme un junior à l’idée d’attaquer le Mondial 2006 avec l’équipe de France aujour- d’hui  : ses illusions se sont brisées sur un accident bête lors d’un ultime match de préparation mardi en Chine.

Victime d’une fracture à l’index droit, resté accroché au maillot du Brésilien Tiago Splitter, il a dû renoncer, la mort dans l’âme, hier , après avoir passé des examens qui ont révélé l’inéluctable.
« C’est cassé, je n’arrive ni à shooter, ni à dribbler, ni à mettre de pression sur la balle, je ne peux rien faire  », a lâché Parker.
Malgré ce handicap, malgré la douleur, il était quand même prêt à tenter le coup, et ce soir contre l’Argentine : «  J’aurais joué avec la main gauche, c’est pas grave. »

« No way »

Mais quand les dirigeants de son club des San Antonio Spurs ont vu les radios, « ils ont dit : “No way ” (pas moyen), explique TP. C’est comme ça, les Spurs, ce sont eux les boss. Il faut les comprendre, ce sont eux qui payent et ils ont estimé que le risque d’une aggravation de la blessure était trop grand. Là, j’en ai pour un mois minimum pour récupérer, selon les médecins. Si j’avais joué, j’aurais risqué une opération et là j’en prenais pour trois mois. » Le sélectionneur Claude Bergeaud n’a pas nié que l’employeur de Parker leur avait un peu forcé la main, tout en assurant les «  comprendre » : « On ne joue pas avec la santé d’un joueur. Le garder avec nous n’aurait pas été une décision sage. » Alors Parker a accepté la sentence, estimant que c’était finalement mieux ainsi : « Si je ne peux pas apporter quelque chose à l’équipe, ça ne sert à rien que je sois sur le terrain juste parce que c’est un Mondial. Il ne faut pas être égoïste. »
Mais la frustration était bien là. D’une part à cause de la manière dont il s’est cassé le doigt, qui relève de l’ubuesque (c’est en passant dans le dos de son adversaire qu’il s’est blessé). D’autre part parce qu’elle coupe en plein élan un joueur qui avait affiché un état de forme resplendissant tout au long de l’été.
Après avoir pris deux mois de vacances, chose qui ne lui était plus arrivée depuis des années, TP brillait en effet de mille feux dans cette équipe, dont il était à la fois le phare, le meilleur marqueur et l’exemple à suivre.
« C’est clair que c’est dur à vivre, d’autant qu’on avait en plus une super équipe avec un gros potentiel, a-t-il déploré.
Mais l’équipe de France est toujours là, il faut maintenant que des joueurs comme Boris (Diaw) et Mike (Pietrus) prennent plus leurs responsabilités. » « C’est une bonne occasion de montrer que c’est une grosse équipe et pas seulement l’équipe de Tony Parker », a estimé TP, qui s’envolera dès demain pour les États-Unis afin d’y passer des examens supplémentaires.
Demain : (gr. A) Venezuela - Liban (6 h), Serbie-Monténégro - Nigeria (9 h), Argentine - FRANCE (12 h, en direct sur Canal +) ; (gr. B) Allemagne - Japon, Angola - Panama, Espagne - Nouvelle-Zélande ; (gr. C) Brésil - Australie, Grèce - Qatar, Turquie - Lituanie ; (gr. D) Porto Rico - Etats-Unis, Slovénie - Sénégal, Chine - Italie.


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