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La Voix du Nord - 19/08/2006
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Les Bleus ont bien résisté face aux champions olympiques

Trop tôt trop fort... La France a commencé le Mondial de basket par une défaite face à l'Argentine (80-70), lors de la 1ère journée de la phase préliminaire (groupe A) samedi à Sendai.

L’Argentine a renvoyé la France à ses limites du moment en la battant (80-70) en ouverture du Mondial. Sur quarante minutes, les champions olympiques ont montré aux jeunes Bleus (25 ans de moyenne) tout ce qui leur reste à acquérir pour venir jouer dans la même cour qu’eux : du métier, une capacité à garder la tête froide et un collectif huilé jusqu’au bout du banc.
Samedi, il a également manqué un joueur aux Français, Tony Parker, dont l’absence a été d’autant plus mise en lumière qu’en face son alter ego de San Antonio a brillé de mille feux.
« L’Argentine se base sur un All Star, Manu Ginobili. Nous on a perdu ce mec-là, capable de prendre les gros shoots dans les moments importants », a constaté le pivot Frédéric Weis, orphelin de son meneur au doigt cassé qui a suivi la rencontre du banc français. « C’est impossible de savoir ce que la présence de Tony aurait changé, a estimé pour sa part le sélectionneur Claude Bergeaud. C’est trop virtuel. »
Ce qui est certain en revanche c’est que Ginobili a été le grand décideur de cette rencontre avec 25 points, dont la moitié pour relancer son équipe.
Soit sept de plus que les trois ailiers français (Gelabale, Foirest, M. Pietrus) réunis.

Frileux aux lancers

« On a essayé de défendre au maximum sur lui, mais c’est un grand joueur », a soufflé Yannick Bokolo. Le facteur Ginobili ne suffit cependant pas à expliquer la défaite française. C’est l’ensemble qui pèche encore trop dès qu’il se retrouve face à une équipe aussi « cohérente » (Bergeaud) que l’Argentine.
Avec dix champions olympiques sur la feuille de match, les Sud-américains, qui ont mené de bout en bout, ne sont en effet jamais affolés lorsque les
Français étaient sur le point de recoller, après avoir ramené un déficit de -14 (26e) à -6 (34e) sur un long passage en défense de zone.
« C’est normal, a expliqué le sélectionneur argentin Sergio Hernandez. Cette équipe a joué une centaine de matches importants ensemble, elle a disputé déjà un Mondial et des JO dans cette configuration. Cela ne s’improvise pas.»
A côté, la jeunesse française a été, selon Claude Bergeaud, « trop frileuse ». « On n’a pas été assez agressifs au départ ce qui se voit au nombre de lancers francs qu’on a obtenus en première période (2) », a-t-il ajouté, jugeant « catastrophique » la réussite finale dans cet exercice (15 sur 26).

Marge de progression

« Si on met seulement la moitié de ceux qu’on rate, on est dans le match, a déploré le sélectionneur. On a peut-être des joueurs à l’allure décontractée mais ils prennent beaucoup de pression. »
Jamais très loin, jamais trop proches non plus, les Français se sont ainsi inclinés en pure logique. « Il nous manque encore deux ans ou trois pour gagner des matches comme ça », a calculé le DTN Jean-Pierre De Vincenzi.
Cela ne veut cependant pas dire que tout est à jeter. Vu l’onde de choc créée par le forfait de départ, les joueurs ont même plutôt bien réagi, avec
notamment un Yannick Bokolo plein de peps (10 points en 16 minutes) et un Florent Pietrus magistral (15 points à 6 sur 7 aux tirs, 5 rebonds, 3
interceptions).
« Il y a eu plein de choses positives, on a bien su tenir les Argentins sur demi-terrain », a estimé Aymeric Jeanneau, plutôt discret samedi. « On a encore une grosse marge de progression, on n’est pas à notre vrai niveau, moi le premier », a-t-il ajouté.
Sachant que cette défaite place la France dans l’obligation de battre dimanche la Serbie-Monténégro pour ne pas compromettre ses chances de finir à l’une des deux premières places du groupe, le constat est plutôt encourageant.

Argentine bat France 80 à 70 (25-23, 19-10, 12-17, 24-20)
Arbitres: MM. Jungebrandt, Moore et Aylen
Spectateurs: 6000 environ

- Argentine : 25 paniers sur 58 tirs (43 %) dont 8 sur 23 à 3 pts - 22 LF sur 26 tentés - 37 rebonds (Wolkowyski et Nocioni 7) - 14 passes décisives (Sanchez 6) - 3 contres - 9 interceptions - 13 balles perdues - 19 fautes personnelles
Marqueurs : Sanchez 2, Prigioni 0, Ginobili 25, Delfino 4, Herrmann 0, Nocioni 18, Scola 10, Fernandez 0, Oberto 9, Wolkowyski 12

- France : 25 paniers sur 59 tirs (42%) dont 5 sur 15 à 3 pts - 15 LF sur 26 tentés - 31 rebonds (Weis 7) - 15 passes décisives (Diaw et M. Pietrus 3) - 1 contre - 9 interceptions - 11 balles perdues - 19 fautes personnelles
Marqueurs : Gomis 2, Gelabale 11, Jeanneau 3, Foirest 0, M. Pietrus 7, Bokolo 10, F. Pietrus 15, Diaw 13, Turiaf 3, Weis 4, Petro 2


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