La Voix du Nord - 03/09/2006 |
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L'Espagne roule au super, même sans Gasol
Mondial (19 août - 3 septembre), finale
Après six finales perdues, l’Espagne a enfin décroché son premier titre international en devenant champion du monde de basket à Saitama, grâce à un succès éclatant sur une équipe de Grèce méconnaissable (70-47).Jusque-là, l’Espagne, nation forte du basket depuis des décennies, avait la réputation de savoir battre tout le monde, sauf le finaliste. Il faut dire qu’elle y avait mis du sien en perdant les six finales (JO-1984 et les Euro 1935, 1973, 1983, 1999 et 2003) qu’elle eut à disputer.
C’est au moment où on croyait que la malédiction avait une nouvelle fois frappé, avec la fracture au pied de son meilleur joueur Pau Gasol, que la sélection ibérique a mis fin à cette incroyable série commencée en... 1935. C’est justement Gasol qui a eu l’honneur de lever la Coupe, après avoir suivi la finale sur le banc de touche, maillot espagnol au corps, et avant d’être élu meilleur joueur du Mondial.
La belle histoire...
« Ces dernières heures, je suis passé par tous les états et, au final, ce Mondial restera comme un des plus grands moments de ma vie », a commenté le héros du week-end, blessé vendredi en demi-finales contre l’Argentine.
Arrivée au Japon avec sa meilleure équipe de tous les temps, comprenant six membres de la génération championne du monde juniors en 1999, elle était une nouvelle fois attendue au tournant cette année. Mais personne (sauf George Eddy, le commentateur télé !) ne se serait risqué à parier sur une victoire de sa part, vu ses antécédents en la matière.
« Le plus beau jour de ma vie »
« C’est ce qui rend ce succès encore plus génial, on a donné tort à tous ceux qui ne croyaient pas qu’on pouvait être champions du monde », jubile Jorge Garbajosa, un des héros de la finale avec son compère Juan Carlos Navarro (20 points chacun).
« C’est le plus beau jour de ma vie et un grand jour pour l’Espagne, s'enthousiasme le meneur Jose Manuel Calderon. Ce succès, on va le déguster pendant un long moment car il s’est fait attendre. »
Avec ce triomphe mérité, vu la qualité de son tournoi et de sa performance en finale, l’Espagne a donc enfin atteint son but, décrochant au passage une qualification directe pour les JO-2008 à Pékin. « Ca va être la folie à notre retour en Espagne », prédit Garbajosa, alors qu’à côté de lui les journalistes se faisaient arroser de champagne.
Avec cette dix-huitième victoire de rang, l’Espagne n’a plus été battue depuis sa défaite contre la France en match pour la troisième place de l’Euro-2005. Une domination qui illustre à quel point son sacre de dimanche n’est pas usurpé. « On a une grande équipe, très talentueuse, ajoute Calderon. On a joué comme dans un rêve aujourd’hui, je ne pense pas que les Grecs étaient fatigués, on a juste si bien joué. »
Les Grecs ratent le doublé
Si les Grecs, champions d’Europe en titre, ont échoué à réaliser le doublé, ils le doivent en effet d’abord à l’énorme défense que les Espagnols leur ont proposée dimanche. Alternant les modes de garde, ils ont complètement muselé les shooteurs hellènes, obligés de balancer le plus souvent à l’emporte-pièce, avec à la clé un pourcentage famélique au tir (33% au final).
Cette défense de fer a permis aux Espagnols de faire la différence dès la première mi-temps où, avec une « grinta » énorme, ils ont creusé un avantage déjà rédhibitoire de vingt points (43-23).
Sans doute un peu émoussés mentalement après leur exploit contre les Etats-Unis en demi-finale, les Grecs ont ensuite été incapables de réagir, dominés dans l’engagement physique, notamment par un Jorge Garbajosa exceptionnel (20 points, 10 rebonds, 4 passes).
Si l’Espagne a enfin rejoint les Etats-Unis, la Yougoslavie, l’URSS, l’Argentine et le Brésil dans le club très fermé des vainqueurs d’un Mondial, cela faisait presque aussi longtemps que l’équipe grecque n’avait plus reçu une telle fessée.
ESPAGNE-GRECE 70-47 (18-12, 25-11, 11-11, 16-13)
Arbitres : MM. Jungebrandt, Moore et Estevez
Spectateurs : 18 500 environ.
- GRECE : 18 paniers sur 55 tirs (33%) dont 5 sur 21 à 3 pts - 6 LF sur 12 tentés - 34 rebonds (Kakiouzis 9) - 9 passes décisives (Papaloukas et Diamantidis 3) - 4 contres - 4 interceptions - 18 balles perdues - 19 fautes personnelles - 1 joueur éliminé : Diamantidis (37e)
Marqueurs: Papaloukas 10, Schortsianitis 2, Spanoulis 4, Vasilopoulos 0, Fotsis 7, Hatzivrettas 0, Dikoudis 1, Tsartsaris 0, Diamantidis 4, Papadopoulos 2, Kaziouzis 17.
- ESPAGNE : 26 paniers sur 61 tirs (43%) dont 12 sur 30 à 3 pts - 6 LF sur 11 tentés - 42 rebonds (Jiminez 11) - 16 passes décisives (Garbajosa et B. Rodriguez 4) - 2 contres - 9 interceptions - 18 balles perdues - 12 fautes personnelles
Marqueurs : Fernandez 0, Cabezas 1, Navarro 20, Calderon 7, Reyes 10, Jimenez 4, S. Rodriguez 0, B. Rodriguez 6, M. Gasol 2, Mumbru 0, Garbajosa 20.












