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La Voix du Nord - 06/10/2006
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Courir au Touquet : plaisir et passion
AUTOMOBILE Le concept du rallye a toujours été prisé dans la région et il reste, aujourd’hui, un véritable aimant
 Le public, qui regarde passer ici la Peugeot 206 de Patrick Henry lors de l’édition 2005, est toujours au rendez-vous auTouquet. Preuve que larégion reste une terre de rallye. Locomotive du sport automobile régional, le rallye du Touquet - Pas-de-Calais qui démarre demain matin, est une belle vitrine du savoir-faire nordiste en matière d’organisation de courses sur routes. Jean-Paul Maillard, le président du comité régional, ne boude d’ailleurs pas son plaisir, même si rien n’est facile...

PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS ARCHIVES GUY DROLLET


La région Nord - Pas-de-Calais a toujours été une terre de rallyes. Aux mythiques « Routes du Nord » dont la base de lancement, dans le grand hall du pavillon de l’ancienne Foire de Lille, constituait à elle seule un symbole fort de la volonté d’inscrire la compétition routière dans une logique promotionnelle durable ; au « Flandre-Hainaut », au « Touquet » (à l’époque déjà bien incrusté dans le paysage automobile régional), au « Picardie », s’ajoutèrent plus tard d’autres concepts : le « Béthune », le « Cédico », le « Charlemagne », le « Dunkerque », le « Boulogne », « l’Avesnois », le « RVN » et plus récemment le « Flandre ».

Âge adulte

Un bouillonnement d’idées qui se prolonge aujourd’hui, dans un autre contexte certes, compte tenu des exigences économiques liées à la course et des mesures restrictives visant les rallyes en termes de sécurité, mais avec une même vigueur, par le biais notamment d’un rallye du Touquet - Pas-de-Calais devenu le pivot du calendrier nordiste.

Pour Jean-Paul Maillard, président du comité régional du sport automobile depuis 1988, il n’y a pas de hasard. Si la région dispose toujours de rallyes à la mesure des attentes de son public, c’est d’abord et surtout en raison de la compétence et de la ténacité de ses hommes de terrain. Revenu parmi l’élite depuis dix ans, sur une idée de Michel Trollé et avec l’appui de Jean-Marie Balestre alors président de la Fédération française (FFSA), l’épreuve de référence de la région a atteint l’âge adulte sans crise de croissance.

Un beau rallye, reconditionné au fil du temps en fonction des contraintes externes (nécessité, par exemple, d’implanter un parc d’assistance par tranches de 60 km), donc plus court, plus concentré géographiquement, mais toujours au contact de son passé.

Observateur avisé en championnat de France, Jean-Paul Maillard ne nie pas les difficultés auxquelles les organisateurs sont régulièrement confrontés, mais au-delà des soucis, reste la passion. « Le rallye a beaucoup évolué dans la mentalité des gens. Récemment, j’ai été sidéré par l’attitude de certains pilotes, au rallye du Mont-Blanc, qui refusaient de braver le brouillard sous prétexte qu’ils ne couraient plus en toute sécurité. Faut quand même pas exagérer ! La course automobile a ses spécificités et les conditions climatiques font partie du décor. Ils se disent tous élèves de Sébastien Loeb mais, sincèrement, ils n’arrivent même pas au niveau de ses doigts de pied ! »

Effectifs croissants

D’autres, au Touquet cette fois, nous disent : « Il faudrait balayer la fin d’une spéciale car il y a des graviers à l’arrivée. À ce que je sache, il ne s’agit pas d’un rallye sur piste ! » Avec 2 386 licenciés (karting compris) et un taux de croissance de un, voire deux pour cent par an de ses effectifs, Jean-Paul Maillard est pourtant un président de comité régional heureux. Le simple fait de voir 154 engagés au rallye du Touquet et d’assister à l’émergence de jeunes talents, comme Cédric Valentin ou Jimmy Mannessier, le confortent dans l’idée que si l’élite des pilotes régionaux s’est resserrée, si tout n’est pas simple, le concept du rallye a encore de beaux jours devant lui dans la région.

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