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La Voix du Nord - 22 mars 2006
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Calais - Brest - Une autre aventure, un dernier défi ?
Le milieu de terrain Mathieu Millien a aujourd'hui 28 ans. Considéré comme l'un des cadres du CRUFC, il n'a pas changé, demeure discret, et pense que le football est un jeu.
 Mathieu Millien avait marqué le second but contre Bordeaux en avril 2000. Six ans plus tard, il est toujours fidèle au CRUFC et à la Coupe de France. Ph. Jean-Pierre BRUNET par Olivier FOSSEUX - La France du football l’avait quitté un soir de mai 2000, les yeux rougis par les larmes, avec une bouille d’adolescent marquée par l’effort. Elle le retrouve, près de six ans plus tard, les yeux toujours plein d’étoiles, mais les traits du visage ont changé. Mathieu Millien est devenu un homme.
« Il s’est passé plein de choses en six ans. Je me suis marié avec Marjorie, et je suis devenu instituteur au Fort-Nieulay. » Au CRUFC, Mathieu Millien n’a pas changé de couloir. Il tente toujours de faire la différence sur son côté droit. « Avec Sylvain, j’ai reculé d’un cran. Je dois faire plus de courses. On en a longuement parlé. » Les deux hommes s’apprécient, le courant passe en continu.
« Mathieu fait partie de mes cadres. C’est quelqu’un de posé, de très attachant. Au fil des années, il a acquis de la maturité, il est devenu plus percutant. Il s’est étoffé physiquement », insiste l’entraîneur calaisien.


Mathieu ? Un sucre

Fabrice Baron, qui a vu Mathieu arriver en seniors, n’est pas non plus avare de compliments : « Mathieu ? C’est un sucre. Il est discret, mais il s’impose. Il est plein de bonne volonté. En 2000, c’était le jeunot de l’équipe. Aujourd’hui, il fait partie des anciens.
 » Ce n’est pas pour autant que Mathieu Millien s’est mis à jouer le rôle de l’aboyeur dans un vestiaire. Le Calaisien est plutôt un travailleur de l’ombre. «  Je suis peut-être un cadre mais je n’en ai pas le tempérament. Je suis réservé. C’est certainement un défaut mais je ne suis pas de ceux qui poussent des coups de gueule. » Bien dans sa peau, bien dans sa tête, Mathieu Millien est aussi bien dans sa ville. Il n’a jamais cherché ailleurs le bonheur qu’il a trouvé à Calais. «  Quand j’y repense, je n’ai jamais eu finalement le moindre con- tact. Dès mes premières interviews en 2000, je m’étais adressé aux journalistes en disant que cette épopée n’était que du bonus, que tout cela ne serait qu’éphémère, que j’avais d’autres objectifs. À l’époque, je préparais le CAPEPS », explique-t-il avant d’ajouter : « Je pense qu’aujourd’hui Calais reflète véritablement le niveau amateur. On est mis dans les meilleures conditions possibles tout en tolérant quelques absences liées à d’autres engagements. Dans d’autres clubs de CFA, ce serait mal accepté.
 »

Déguisé en géant

À 28 ans, Mathieu Millien revient donc sous les feux des projecteurs. « Finalement, ce n’est que mon second huitième de finale.
Aujourd’hui, c’est une autre aventure avec quelques anciens de l’épopée de 2000. On a tous envie d’aller le plus loin possibl
e. » Dans sa conception du ballon rond, le Calaisien n’a pas non plus changé. Le football n’est qu’un loisir, une passion. « Jouer à ce niveau a des contraintes. J’aimerais passer plus de temps avec mon épouse. Je lui ai promis que lorsque j’arrêterai, on fera plus de balades à cheval, sa passion. J’ai aussi envie d’avoir un enfant, de le voir grandir. Et ce n’est pas forcément conciliable avec le football à ce niveau. » Cette Coupe de France 2006 est donc peut-être l’un de ses derniers défis. Et le Calaisien n’en fait toujours pas une montagne. « Je n’ai pas encore toute la tête au match. Avant de partir à Boulogne (hier), il y a le carnaval de mes élèves et je pense encore à l’organisation. Je serai déguisé en Jean-Louis de Courgain. ».
Selon la légende, ce géant de Calais était si grand qu’il pouvait aller à pied pêcher la crevette jusqu’à des endroits où il y avait 10 mètres d’eau. Brest n’est finalement qu’un gros poisson et ce soir, Mathieu Millien a bien l’intention de le prendre dans ses filets…
• Mathieu Millien est né le 14 mai 1978 à Calais. Il rejoint le CRUFC à 13 ans. Une grave fracture du tibia-péroné l’éloigne des terrains de football pendant quatre années. Il reprend d’abord le sport par le basket-ball (à Marck). Et revient au CRUFC à partir de 1998.

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