Une saison étrange // Son parcours
L'Equipe de France // Fan de... // Divers
Une saison étrange
Priscillia (St-Pol-sur-Mer) : Bonjour, j'aimerais savoir ce que vous pensez de votre saison ?
« C’est une saison étrange. On a pris un super départ (Dunkerque était leader jusqu’à la 7e journée, puis 2e jusqu'au choc contre Montpellier). Mais il y a eu l’enchaînement de blessures de Patrick (Cazal), et l’équipe a connu pas mal de pépins en début d’année, pendant que j’étais en stage de préparation à l’Euro, avec l’équipe de France. En fait, nous avons éprouvé plus de difficultés sur les matchs retour. Il sera difficile de récupérer les points perdus à Istres et à Chambéry, où nous avons échoué d'un rien. Mais notre récente victoire à Nîmes nous a fait du bien. Elle nous relance. Après la double confrontation avec Ivry cette semaine, on va savoir si on continue l’aventure en Coupe de France (mercredi), et si on peut encore viser la 3 e place en D1 (samedi). Pour la ligue des champions, ça dépend plus que de nous. Non seulement on doit faire un sans faute, mais il faut aussi que les premiers perdent quelques plumes en route. »
Aurélie (Dunkerque) : Je voulais avoir ton opinion à propos du match contre créteil de mecredi 8 mars. Ne penses-tu pas que vous êtes passer un peu à côté de votre match?
« ça a été un match difficile. On sortait de deux défaites consécutives, contre Istres et Chambéry. On devait se remettre dans le coup contre Créteil, une équipe assez mal classée, mais bien meilleure que ne l’indique son classement. On rate notre entame, on revient sur la fin. On aurait pu gagner, mais aussi perdre. Le résultat n’est pas si mauvais. Et puis on confirme en allant s’imposer à Nîmes après. »
Vincent (Dunkerque) : Qu'est ce qu'il manque à votre équipe l'USDK handball pour tenir et recoller à la deuxième place du classement ?
« Surtout de l’expérience. Je repense encore aux matchs contre Chambéry et Istres. A chaque fois on commence mal, et on finit avec des balles de matchs. Avec plus d’expérience, on devrait remporter ce genre de matchs. Une équipe comme Montpellier fait basculer ce genre de matchs, pas nous. Il faut voir le nombre d’équipes qui disent avoir fait trembler Montpellier. La plupart ont fini par perdre, sauf Paris la semaine dernière.
Si on veut prétendre à la deuxième place, on doit viser la victoire à chaque match. Et ne pas se dire que perdre à Chambéry, c’est normal. »
Pascal (Dunkerque) : Je viens souvent voir l’USDK, je pense qu’il manque 2 ou 3 joueurs d'expérience de haut niveau. Qu’en penses-tu ?
« C’est difficile de répondre à ce genre de question quand on est soi même joueur. Mais ça ne ferait pas de mal, en effet ! Si on pouvait avoir plus de banc notamment… Avec les blessures à répétition de Patrick, je suis un peu au bout du rouleau, physiquement ! Quand on peut faire tourner, c’est toujours mieux. »
- Gonzague (Lompret) : La réussite de Montpellier est-elle une question de moyens, de structure, d'entraineur ou de géographie ? Dunkerque peut il espérer une réussite similaire dans sa configuration actuelle ou des changements (importants) seraient-ils nécessaires pour y arriver ? Si oui lesquels à ton avis ?
« Cette réussite, on ne l’obtient pas en claquant des doigts. A Montpellier, ils y travaillent depuis une dizaine d’années. Le plus fort, c’est de parvenir à rester au top niveau, comme ils le font. Ils vont peut-être remporter un cinquième titre d’affilée ! C’est sûr qu’ils ont plein d’atouts, notamment financiers et géographiques, mais ils ont su bâtir un gros club patiemment, progressivement. Ils ne fonctionnent pas comme le Real Madrid au foot, qui fait venir uniquement des stars. Ils construisent sur la durée avec de très bons joueurs mais qui ne mettent pas en péril l’équilibre de l’équipe, et qui ne se lassent pas de gagner des titres.
Quant à Dunkerque, si le club veut passer un cap, il doit déjà gagner quelque chose, une coupe ou un championnat. C’est l’élément nécessaire pour créer un déclic, attirer plus de sponsors, inspirer le respect aux autres clubs et faire venir de grands joueurs. Ce n’est pas simple d’attirer les joueurs à Dunkerque, dans le Nord ! C’est plus facile à Montpellier. »
Son parcours
Adrien (Dunkerque) : A quel âge as-tu commencé le hand ?
« J’avais onze ans. C’était au collège Robespierre, en UNSS. En club, j’ai débuté à Dunkerque. »
Comment en es-tu arrivé là ?
« A force de travail, d’abnégation. J’ai aussi eu la chance d’avoir un club au plus niveau national dans ma région. »
Pierre (Vérrières le Buisson) : Nonosbtant votre progression dans le jeu au fil des années, je remarque chez vous une constance dans votre concentration, une sérénité dans le jeu, et une volonté farouche de toujours donner le meilleur de vous pour votre équipe. Est-ce votre état d'esprit dans la vie de tous les jours ou êtes vous transcendé lors d'une compétition pour trouver toutes ces qualités constantes que j'ai cité ci-avant?
« Quand on est sportif de haut niveau, j’estime que c’est la moindre des choses de donner tout ce qu’on a. La concentration et la motivation sont la base. »
Jonathan (Dunkerque) : je voudrais savoir comment tu fais pour garder toujours la forme même après plusieures matchs ?
« La forme, comme je le disais tout à l’heure… je suis un peu fatigué quand même ! Mais pour garder la forme au maximum, il faut bien se reposer, bien manger, et bien récupérer avec de bonnes nuits ! »
Martin (Loon-Plage) : Combien d'heures t'entraines-tu ?
« 4h par jour. »
- Jean-Claude (Flers-en-Escrebieux) : Ton passage à Montpellier a été un échec. Comment l'analyses-tu ?
« Je n’ai pas beaucoup prouvé et joué là-bas, c’est vrai. Une blessure m’a coupé dans mon élan et je n’ai pas su retrouver mon niveau à mon retour. Mais ça m’a servi. Je considère cette expérience comme un passage obligé pour rebondir et passer un échelon. Je sais qu’il ne faut rien lâcher. Je n’aurais pas dû baisser la tête dans les moments de doute. »
- Marine (Coudekerque) : Sébastien, après tout ce qui vient de t'arriver, comptes -tu rester à l'USDK encore très longtemps ?
« La fameuse question… J’ai revu le président récemment. Ça va se décider dans le mois qui vient, en fonction des résultats, des projets, de l’ambition du club. Ça dépend de plein de choses. Mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant, désolé. »
L'Equipe de France
- Elodie (Lille) : Que pensez-vous de VOTRE championnat d'Europe ? êtes-vous déçu de votre niveau de jeu lors de ce tournoi et pensez-vous avoir les moyens de rester dans cette équipe de France?
« Je pense avoir les moyens de rester en équipe de France, oui ! Concernant l’Euro, je suis un peu déçu de mes prestations. Onesta m’avait titularisé contre la Slovaquie. Puis contre l’Espagne, où ce fut un naufrage collectif dans le premier quart d’heure. Pour réagir, il a changé de joueurs, et Joël (Abati) s’est montré très performant sur le poste. Il était logique qu’il le maintienne, vu ses prestations. Je retiens aussi mes quatre buts en fin de match contre l’Ukraine. Quand j’ai rejoué, j’ai voulu trop vite me remettre en selle. Je me suis précipité. Après, Onesta a fait confiance à ceux qui avaient qualifié l’équipe. C’était ma première grande compétition et le point positif, c’est quand même de revenir avec la médaille d’or ! Je ne compte pas m’arrêter là. Surtout avec la perspective des Mondiaux en Allemagne (en 2007) et des JO de Pekin (en 2008). Je vais tâcher de ne pas reproduire les mêmes erreurs et essayer de rentrer dans les matchs dès le début. »
- Jean-François (Pérenchies) : Qu'est-ce que ce titre de champion d'Europe a changé pour toi : te sens-tu le devoir de montrer encore davantage l'exemple à tes jeunes coéquipiers ? à tes supporters ? Te mets-tu plus la pression ? As-tu davantage confiance en toi ?
« J’ai un nouveau statut, forcément. Je me dois de garder un niveau de jeu en desssous duquel je n’ai plus le droit de descendre. Ça apporte un surcroît d’expérience, d’assurance, de confiance. Ce n’est pas pesant ! »
- J-C (Lille) : La finale du championnat d'europe n'a même pas été diffusée sur les chaînes TV "généralistes". Qu'en penses-tu ? Compte tenu du nombre de licenciés, des titres mondiaux et européen, que manque-t-il au hand pour être mieux considéré ?
« J’ai du mal à comprendre. Avec trois titres mondiaux (deux pour les hommes, un pour les femmes), un titre européen, le hand a toujours autant de mal à attirer la télé. On nous dit que c’est trop cher, j’ai du mal à y croire. Mais ce n’est pas évident d’en connaître les raisons. »
C’est alors qu’intervient Jean-Pierre Lepointe, l’ancien entraîneur dunkerquois, ex adjoint de Costantini en équipe de France (à l’époque des Barjots). Il se lance dans une comparaison poussée entre rugby, proche du milieu de l’entreprise, et handball, sport de cour d’école. Selon lui, comme le handball n’est pas le deuxième sport du pays, comme en Allemagne, il faut que le milieu économique entre dans le hand pour courtiser les télés.
Fan de...
Thomas (Cappellebrouck) : je suis ton plus grand fan, j'ai la meme position que toi au hand, je suis gaucher comme toi, est-ce que je pourrais te rencontrer un jour après un de tes matchs ou un entraînement....j'attends ta réponse avec impatience.
« Bien sûr ! Après un match, aucun problème. Tu peux m’attendre derrière le but, comme le font d’autres jeunes. Ce sera avec plaisir ! »
Jennifer (Lille) : Je suis fan de foot. J'aime beaucoup ton jeu. J'habite Lille et je suis infirmière au CHU. Je te trouve trés mignon. J'aimerais beaucoup te rencontrer: je suis célibataire. Je t'invite à venir partager un repas et une soirée chez moi si ça te dit.
« Avec plaisir, mais je viendrai avec ma femme et ma fille ! »
Divers
- Rachid (Rennes) : Je suis arbitre national et j'officie sur des rencontres de Nationale 2 masculine. Je rêve de devenir un arbitre de grande renommée. Peux tu me donner des conseils pour y parvenir ?
« Ouh là ! Sincèrement, je ne me suis jamais penché sur le sujet. Je n’y connais rien ! Tout ce que je peux te dire, c’est qu’on se donne les moyens de réussir quand on en a vraiment envie. »
Jérôme (Lomme) : Quelles sont tes occupations en dehors du hand ?
« Je n’en ai pas beaucoup. Je suis papa depuis deux ans, ce qui prend déjà pas mal de temps ! J’apprécie aussi des repas entre amis .J’aime beaucoup le golf. Je suis d’ailleurs une formation au brevet d’Etat. Je prépare le tronc commun, avant la formation spécifique handball, puis golf. »
Max (wignehies) : Est ce que tu comptes aller voir la coupe du monde de foot en Allemagne ?
« Pourquoi pas… Si tu veux m’inviter, Max, pas de problème. Mais je vais déjà prendre des vacances. Ça fait trois ans que je n’en ai pas eu. Après, si la France va loin dans la compétition, je ferai peut-être un tour en Allemagne. Ou je regarderai quelques matchs à la télé. »
Ludovic (Paris) : Te plais-tu à Dunkerque ? Aimes-tu cette ville ? Fais-tu le carnaval?
« Le Carnaval, je ne suis pas un adepte, c’est impossible à concilier avec le hand et j’ai fait mon choix. Mais y aller avec des copains, ça peut être sympa, oui. Quant à Dunkerque, j’y suis né et j’y ai passé de nombreuses années. Je n’ai rien contre, D’ailleurs, j’y suis revenu cette saison, ça veut quand même dire quelque chose. Cela dit, je veux réussir ma carrière, et s’il faut en partir à nouveau, je n’hésiterai pas à le faire. Mais si je pouvais gagner des titres et réussir dans ma ville, ce serait super. »
Propos recueillis par Bruno MASSEBOEUF