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La Voix des Sports - 31/12/2007
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La folle année de Laure Manaudou
Notre sportive française
 Une année tumultueuse, mais aussi des conquêtes pour la nageuse d’Ambérieu.  Photo AFp L’égérie de la natation française, Laure Manaudou, a mis en émoi le pays tout au long d’une année 2007 de folie, où elle a brillé aux Mondiaux, puis rompu avec son mentor Philippe Lucas, pour s’exiler en Italie avant d’en partir avec fracas.
« Il y a eu beaucoup de changements et ça s’est plutôt bien terminé, étant donné tout ce qui m’est arrivé  », résume Manaudou. La nageuse peut être satisfaite alors que tous ces mois de tumulte n’ont en rien altéré son exceptionnel talent de championne, à l’approche des JO de Pékin.
L’année avait démarré sur les chapeaux de roues pour Manaudou, avec notamment deux titres mondiaux en mars, à Melbourne, sur les 400 m et 200 m nage libre, ce dernier agrémenté d’un record du monde (1’55’’52).
De retour d’Australie, personne n’avait envisagé que Manaudou puisse rompre avec celui qui l’avait amenée à un tel niveau, son entraîneur Philippe Lucas, alors que les JO se rapprochent à grands pas. Pourtant, début mai, elle prend son chat et ses affaires et quitte le club de Canet-en- Roussillon, après six années passées avec Lucas, abandonné par le diamant brut qu’il a façonné.
« Je ne supportais plus physiquement les entraînements de Lucas. A ce rythme-là j’allais exploser  », confie à l’époque Manaudou à un quotidien sportif. Malgré son fort caractère et sa grande capacité d’endurance, la jeune fille n’en peut plus des 17 km au quotidien imposés par Lucas, dont le leitmotiv est : nager, nager et encore nager.
A bout de souffle, la Française de 20 ans qui aspire à vivre aussi sa vie de femme, commet l’impensable. Amoureuse depuis l’été 2006 du nageur Luca Marin, elle part s’installer en Italie, à Vérone. Les fédérations française et italienne sont mises devant le fait accompli.
« La décision est prise, je resterai en Italie jusqu’à la fin de ma carrière  », affirme alors la championne du monde, qui privilégie sa vie amoureuse plutôt que sa vie sportive, exposant désormais sa vie privée. Le coup de tête de Manaudou n’est pas sans conséquences. La France se demande comment elle va pouvoir gérer la préparation olympique de sa championne et l’Italie se demande comment la garder (une aubaine, finalement), alors que Vérone est un centre fédéral où s’entraînent ses deux grandes rivales européennes, Federica Pellegrini et Alessia Filippi.
Fin juin à l’occasion des Championnats de France à Saint-Raphaël, Manaudou fait ses classes sous la houlette de Penso, qui ne semble guère avoir d’emprise sur elle. Tout va bien, les chronos sont bons, même si la nageuse a plus fait parler son fort vécu sportif, alors qu’en Italie elle profite surtout de l’homme de sa vie.
Un mois après, les choses se gâtent sérieusement. La saga italienne prend fin brutalement au lendemain de l’Open de Paris. Le 6 août, le club de LaPresse annonce l’exclusion de la championne en raison de son comportement, fustigeant notamment sa désinvolture et son manque de motivation.
Laure se réfugie dans sa famille à Ambérieu-en-Bugey, où elle se ressource avant d’annoncer fin août qu’elle s’y entraînera sous la houlette de son frère, Nicolas, jeune entraîneur de 21 ans. Sous le feu de nombreuses interrogations, Manaudou répond brillamment dans l’eau lors de sa rentrée à Berlin à la mi-novembre. La jeune femme est différente, plus souriante et moins tendue. « C’est l’année la plus folle que j’ai vécue », dit-elle en conclusion. Une année terminée par la diffusion sur Internet de photos intimes. Mais que nous réserve Laure pour 2008 : une ou plusieurs médailles d’or ?
Photos AFP

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