La Voix du Nord - 28/12/2007 |
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Un Tour sans substance. – Comme lors de l’affaire Festina, en 1998, on a bien cru que le Tour 2007 n’arriverait jamais à Paris.
Entre l’affaire Rasmussen, l’affaire Vinokourov et un peu de menu fretin (Moreni, qui provoqua le retrait de Cofidis, Sinkiewitz et Mayo), le cyclisme s’est ridiculisé jusqu’à la nausée. Vinokourov et Astana ont fui comme des voleurs, à Pau. Le « chicken » Rasmussen s’est fait canarder. Il ne l’a pas volé.
C’est un maillot jaune en piteux état dont a hérité Contador, le miraculé de l’affaire Puerto (il sprintait au sommet des cols, avec Rasmussen). Contador a gagné, Pereiro aussi : après que Landis eut perdu son procès, on lui a offert le titre de 2006. Mais le Tour ne veut plus rien dire. Son palmarès des onze dernières années (après les aveux de Riis) a perdu toute substance, toute crédibilité (on laisse aux autres le bénéfice du doute).
Guy Roux à la retraite. – L’arrivée du sorcier bourguignon à Lens fut un gros coup médiatique. La polémique qui entoura son âge (68 ans), à l’instigation du syndicat des entraîneurs, remonta jusqu’au gouvernement et Nicolas Sarkozy en personne assura Guy Roux de son soutien. Tout ça pour un gâchis monumental : il a quitté le navire sang et or après cinq journées. L’une des plus belles claques de l’histoire du club artésien. Comme consultant sur Canal+ ou à Europe 1, Guy Roux est très bon, malin, mais en tant qu’entraîneur, il a fait son temps. Comme quoi l’UNECATEF avait raison…
Et elles sont où les stars ? – OK, Tony Parker fut l’un des hommes de l’année, avec un nouveau titre en NBA. On ne va pas se moquer de son CD de rap, ni de son mariage Point de vue, images du monde, mais du naufrage de l’équipe de France masculine de basket et de ses stars de la NBA. Un fiasco pathétique : trop inconstants, suffisants, les Bleus ont fini huitièmes de l’Euro espagnol et ont raté les JO de Pékin. Dire que les Phoenix Suns avaient exigé de la Fédération française qu’elle mette sur la table 500 000 dollars pour assurer Boris Diaw et pouvoir l’aligner !
Domenech parle trop. – On reconnaît ses talents de sélectionneur, de meneur d’hommes, depuis sa finale de Coupe du monde. Mais son don pour la provocation est aussi amusant qu’irritant. Et il n’a pas été très fin avec ses allusions de tricherie envers l’Italie, pour une vieille histoire chez les Espoirs. Cela lui a valu une suspension. Il a continué sur les Italiens, avant le match décisif en Écosse. Quant à sa phrase mystique après la victoire des Azzuri à Glasgow, qui qualifiait les Bleus, on n’a pas tout compris : « Dommage qu’on soit qualifiés, j’aurais préféré que le match en Ukraine soit décisif. » Bien, Raymond !
L’arrogance des Anglais. – C’est un des gros couacs de l’année : l’Angleterre humiliée par la Croatie à Wembley. L’excès d’orgueil des Anglais, inventeurs du football, ne date pas d’hier. À les entendre, l’Euro 2008 sans eux, ce sera moins bien. La palme de la mauvaise foi et de la bêtise revient à Michael Owen : « Je ne pense pas qu’un seul joueur de la Croatie pourrait être sélectionné dans notre équipe. »
Perdu en route, le « French flair ». – Incontestablement, France - Nouvelle-Zélande fut le moment fort de l’année. Mais à quoi cela a-t-il servi, si c’était pour passer à côté de la demi-finale contre les Anglais ? Si l’on ajoute les deux ratages contre l’Argentine, cela fait beaucoup. Portés par un élan populaire et des records d’audience à la télé, les rugbymen français n’ont pas su rééditer le coup des footeux en 1998.
Grosse déception.
Des espions et une pleureuse. – Un ingénieur anglais borduré chez Ferrari qui livre des documents secrets à McLaren, et voilà l’affaire de l’année en F1. Les « flèches d’argent » y ont perdu le titre des constructeurs. Vous connaissez l’histoire de l’arroseur arrosé ? La même mésaventure est arrivée à l’écurie de Ron Dennis : Renault n’a pas été puni, mais reconnu coupable, « d’infraction au règlement, pour possession illégale de données techniques en provenance de McLaren ». Dommage aussi que des chamailleries aient éclipsé la révélation d’Hamilton, meilleur débutant de l’histoire. Selon Alonso, McLaren privilégiait son équipier britannique. Mais Alonso pleure trop : il avait déjà quitté Renault (où il revient en 2008), parce qu’on n’en faisait pas assez pour lui.













