La Voix du Nord - 03/06/2007 |
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Le pire Roland-Garros pour les joueurs français depuis dix ans
Avec la seule Marion Bartoli pour le représenter en deuxième semaine, le tennis français a enregistré son pire résultat à Roland-Garros depuis dix ans.
Déjà plombé par le fiasco de Richard Gasquet, le camp tricolore a reçu un nouveau coup de massue hier avec la sortie sans gloire de son autre leader, Amélie Mauresmo, battue en deux sets 6-3, 7-6 (7/3) par la jeune Tchèque Lucie Safarova, la même qui l’avait éjectée de l’Open d’Australie en janvier. Comme Paul-Henri Mathieu n’a pas été non plus à la hauteur du défi proposé par le Russe Igor Andreev, vainqueur en trois sets, le seul Français qui ait quitté le tournoi hier sans avoir à rougir est le moins coté des trois, Olivier Patience. Le 129e mondial a même été héroïque face au grand espoir serbe Novak Djokovic, 6e mondial, contraint de batailler ferme pendant cinq sets.
L’espoir repose sur Marion Bartoli
« Il n’y a pas eu de miracle », a immédiatement lancé Mauresmo, à peine la balle de match jouée, un peu comme si elle s’était préparée depuis longtemps à une élimination précoce. Certes, la n° 1 française ne se présentait pas dans des conditions idéales. Opérée en mars après une appendicite, elle avait dû arrêter le tennis pendant presque deux mois et se contenter de trois tournois pour se roder avant le grand rendez-vous parisien. « Ça montre que c’est difficile de réussir quand on ne s’est pas préparée comme il faut. On a paré au plus pressé, mais le corps a besoin de temps », a expliqué Mauresmo En tout cas, les éditions passent, les circonstances varient, mais le constat reste le même : Mauresmo est incapable d’assumer son statut devant son public. Cette année, la gagnante de l’Open d’Australie et de Wimbledon 2006 est la seule des dix premières têtes de série qui ne jouera pas les huitièmes de finale.
En treize participations, c’est la huitième fois qu’elle se fait sortir en première semaine. Jamais elle n’est allée plus loin que les quarts de finale.
Et pourtant, la Française avait évidemment les moyens de prendre sa revanche sur Safarova. La Tchèque est certes une gauchère dotée d’un bon coup droit, mais elle n’est jamais que 29e mondiale et sa meilleure performance en date reste un quart de finale à Melbourne.
Mauresmo a d’ailleurs mené 3-0 dans les deux sets avant de flancher, faute de « pouvoir maintenir la pression ».
Le troisième tour est le juge de paix des tournois du Grand Chelem, un peu comme le premier col de haute montagne dans un Tour de France. Les Français vont vite sur le plat – ils étaient huit, cinq hommes et trois femmes, au troisième tour – mais ne sont pas de grands grimpeurs.
Comme en 1997, dernière « année terrible » du tennis français, ce sera donc à une femme de porter seule tous les espoirs nationaux.
Dans le rôle tenu à l’époque par Mary Pierce, on trouvera Marion Bartoli. Rude mission pour la joueuse du Puy-en-Velay, qui découvre ce niveau de la compétition et devra affronter l’une des joueuses de l’année, la Serbe Jelena Jankovic, 5e mondiale.















