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La Voix des Sports - 08/05/2006
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« Nous sommes des dévoreurs d’organisation »
Philippe Lamblin

 La Route du Louvre innove: chaque participant au marathon aura son prénom inscrit sur son dossard. Ses plus proches collaborateurs ont pris l’habitude, un peu sous forme de boutade, de le définir comme un homme ayant une idée par minute.
Le trait est forcément un peu grossi, mais Philippe Lamblin, ancien président de la Fédération française d’athlétisme, revenu aux affaires à la tête de la ligue, est effectivement un homme d’action. Le gigantesque chantier de « La Route du Louvre » ne pouvait donc que susciter son enthousiasme…

– Qu’attendez-vous de ce nouvel événement ?
« On veut aller bien au-delà de l’événement sportif. Notre ambition est de démontrer que le mariage est possible entre le sport et la culture. Il y a une forte volonté de mise en valeur du patrimoine de la région et de ses hommes. Des oeuvres d’arts réalisées spécifiquement pour La Route du Louvre seront d’ailleurs dévoilées lors de la conférence de presse qui sera organisée, la veille de l’épreuve, au Musée des Beaux-Arts de Lille.
Je souhaite aussi que l’on raisonne de plus en plus en terme de région unifiée. Les gens vont aller de Lille à Lens parce que ces deux lieux ne doivent faire qu’un. Si une telle épreuve peut valoriser l’image d’une région soudée, si les habitants peuvent montrer leur fierté de vivre dans cette grande et belle région, alors le pari sera gagné. Je suis déjà très heureux de voir que toutes les classes, toutes les couleurs politiques ont su se rassembler autour de ce projet. »

– La volonté de s’ouvrir à un vaste public semble également très présente ?
« Oui, on a multiplié les épreuves pour que chacun y trouve son compte. Notre vocation est de développer la pratique sous toutes ses formes pour amener un maximum de personnes à faire du sport. On va d’ailleurs aussi profiter de cet événement pour mettre en avant deux familles, une du Nord, une du Pas-de-Calais, qui seront composées d’au moins quatre personnes toutes inscrites sur différentes distances comme, par exemple, le marathon pour le père, le 10 km pour les enfants et la randonnée pédestre pour la grand-mère.
On a aussi souhaité inscrire le prénom des participants sur les dossards du marathon afin qu’il y ait moins d’anonymat, que chacun puisse interpeller la personne qui se trouve devant ou à côté de lui. »

– Avez-vous rencontré des difficultés particulières pour monter cette épreuve ?
« C’est forcément difficile car c’est un gros investissement. L’un des défis sera donc d’obtenir l’équilibre financier. L’autre gros axe de travail a été la sécurité, c’est le point primordial. On a tout fait pour éviter les accidents. Les services de police se sont vraiment mobilisés pour faire en sorte que tout se passe bien. »

– Pour sa création, l’épreuve a bénéficié du label championnat de France pour le marathon. C’est assez rare, non ?
« C’est même une grande première. J’y vois la reconnaissance du travail des gens qui oeuvrent autour de Christian Picotin dans notre commission hors stade. Nous sommes la première région en terme d’organisation de courses sur route. Et s’il y en a toujours autant, c’est que la qualité de l’organisation est vraiment hors pair. La Fédération était en recherche d’un lieu emblématique pour accueillir l’épreuve.
On va montrer qu’on est capable de relever le défi, même si je demande beaucoup d’indulgence pour la première édition. Il faudra sans doute quatre ou cinq ans pour que ce rendez-vous prenne du corps et du coffre. Cela dit quand je vois que des gens vont se lever à 6 h du matin pour faire une randonnée de 35  km au départ d’Houplin-Ancoisne, je me dis que c’est déjà superbe. Et visiblement, le bouche à oreille fonctionne déjà, puisque nous avons reçu des inscriptions de quelques Anglais et de quelques Belges. »

– Vous confirmez aussi, en cette occasion, votre souci de proposer des grands événements au public nordiste ?
« Oui, c’est vrai que nous sommes des dévoreurs d’organisation. On veut aller à l’encontre de tous ces gens qui disent que ça ne peut pas marcher dans notre région. La Route du Louvre s’inscrit dans la continuité de ce que nous faisons l’hiver à Liévin ou l’été à Villeneuve-d’Ascq, lors des meetings Gaz de France du Pas-de-Calais et Lille-Métropole. On peut multiplier les événements sans fragiliser les autres.
Le nombre d’engagés lors des 20 km de Maroilles, le 1er mai dernier, en est la plus belle preuve. Et je rappelle aux gens que dans quelques semaines (le 28 mai), nous allons de nouveau rendre hommage aux femmes avec une nouvelle édition de la course de la Déesse et que cette Route du Louvre se situe entre les deux tours d’interclubs.
On propose des choses, on s’inscrit au coeur de la cité, on est en plein dans notre démarche de service public. Et pour réussir tout ça, on a plus que jamais besoin des militants, des clubs. Plus de mille bénévoles ont été mobilisés pour cette grande fête qui devrait rassembler six à huit mille personnes.»

Propos recueillis par David DELPORTE
Photos Stéphane MORTAGNE

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