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La Voix du Nord - 21/10/2006
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Thibaut Derville et « Cap VAD » : le départ rime déjà avec victoire !
 Thibaut Derville, l’ambassadeur de la vente à distance, a maintenant hâte d’en découdre... Cap sur le Rhum! Du costume - cravate au ciré - bottes du marin… Depuis plusieurs mois, Thibaut Derville passe allégrement de ses fonctions de cadre supérieur dans la vente à distance à celles de skipper se lançant avec passion dans l’aventure de la Route du rhum.

PAR DIDIER PARSY

sports@lavoixdunord.fr
PHOTO « LA VOIX »


La métropole lilloise était déjà considérée comme le terroir de la vente à distance (la vente par correspondance avant le « boum » de l’Internet) ; elle peut maintenant se vanter de l’être davantage grâce à son étendard nautique qu’est le dynamique Derville.

Ancien partenaire de Marc Thiercelin à l’époque de SomeWhere, supporteur acharné de son ami Jérôme Thiriez alors que ce dernier s’était lancé dans l’aventure du « Rhum » 2002, ce Bonduois de 48 ans, né à Roubaix, a fini par se piquer au jeu. Une étonnante histoire pour un homme fermement décidé à clore l’aventure en Guadeloupe, dans quelques semaines…

« Ma première victoire est d’être sur la ligne de départ. C’est l’aboutissement d’un challenge. Je vais vivre trois semaines de solitude qui vont permettre de me battre sur autre chose. Finalement, c’est un défi personnel mené en osmose avec une équipe. » Rien ne pourra donc l’arrêter, parce qu’il sait aussi que les couleurs nordistes, ces entreprises qu’il représente, communient avec lui. « Je suis serein parce que tous les gens qui ont bossé avec moi m’ont rendu serein. J’ai appris à prendre la vie comme elle vient, mais je n’ai pas toujours été zen… »

Homme souvent pressé, navigateur presque calme, à moins que ce ne soit l’inverse : la transition s’est faite presque naturellement, au gré des entraînements et des régates auxquels il a participé depuis avril.

La peur des baleines

Il lui tarde maintenant d’y être. « Si le départ pouvait être donné demain matin, ce serait superbe. En fait, je redoute ces huit derniers jours à terre. L’attente risque d’être longue. Je ressens ce profond sentiment de coopération avec la mer : il faut s’adapter à elle pour être adopté. »

Il a le verbe facile, toujours le mot pour rire, mais il sait aussi que la course et le large lui réservent bien des surprises. « Je ne suis qu’un homme, je veux rester humble. Ma seule peur est de croiser une baleine de trop près en la réveillant. La Route du rhum m’a toujours fait rêver, imaginez la chance que j’ai ! »

Il veut partir, il rêve aussi d’en finir à Pointe-à-Pitre. « L’objectif est que l’homme et le bateau arrivent en bon état, le classement est en sus. Si on organisait un concours de VAD, je serais devant… Mais si l’un de mes adversaires fait une erreur, je ne lui demanderai pas la permission de passer ! » Fier d’avoir été accueilli par les Le Cam, Thiercelin, De Broc ou Coville, dans la très fermée confrérie des hommes du grand large, il veut maintenant mériter cet honneur, sans pour autant jouer l’idole des houles ou le maître d’Éole… « Je suis devenu l’un des leurs, conclut-il. Ça me touche. La voile est un monde de solidarité. » Et un monde de durs à cuire. Comme lui, parce qu’il a appris.

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