La Voix du Nord - 22/10/2006 |
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Joé Seeten (« TMI Technologies ») a un podium à défendre

Longtemps seule figure emblématique de la voile hauturière de haut niveau dans la région, le Dunkerquois Joé Seeten a dû – momentanément ? – mettre entre parenthèses ses ambitions sur le circuit IMOCA, pour se lancer dans un nouveau projet et écrire lui aussi la jeune histoire d’une classe en devenir.
PAR CH. TAVERNE-GRASSET
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO JEAN-CHARLES BAYON
On le sent partagé, l’ami Joé… D’un côté, il y a ces princes des mers auxquels il a du mal à renoncer. De l’autre, son enthousiasme et son plaisir de naviguer sur un voilier neuf, dans cette nouvelle Class 40 où tout est à écrire, sont patents.
C’est à la Transat anglaise 2000 que l’éclectique Dunkerquois entrait dans le cercle fermé des 60-pieds, ces coursiers taillés pour chevaucher tous les océans du monde, qui vont tutoyer le cap Horn et parler aux albatros.
S’ensuivront quelques belles aventures, pour la plupart en solitaire, marquées par deux Vendée Globe, notamment, et un joli podium en 2002 sur cette Route du rhum qu’il s’apprête, dans une semaine, à courtiser de nouveau.
« Le Class 40 procure des sensations proches, c’est vrai, mais ça ne vaudra jamais nos "gros bateaux" ! Il fallait se faire une raison : nous étions bloqués par le budget. Pour un 60-pieds neuf, il faut entre 5 et 7 millions d’euros si on veut être dans le conformateur. On ne les avait pas. » Loin s’en faut en effet, puisque Joé Seeten, qui ne se départit pourtant jamais de son bel optimiste, a même eu quelques soucis pour boucler le budget de sa nouvelle campagne, et que cette semaine encore, sur la liste officielle des engagés, son plan Finot-Conq portait le doux nom de « NC » : non connu, non communiqué !
Sponsor
Joé Seeten n’a en effet décroché son principal sponsor que vendredi : TMI Technologies, l’entreprise de l’ancien pilote automobile Freddy Grainal, à Quaë- drype. Cet homme providentiel raconte : « J’ai lu dans La Voix du Nord que Joé n’avait pas de sponsor. Je ne pouvais pas rester sans rien faire… Moi aussi, j’ai fait de la compétition de haut niveau et j’en connais les contraintes. » L’esprit désormais libre, le touche-à-tout ne pense maintenant plus qu’à la course. Et à ses interrogations.
« Ici, on ne connaît pas l’adversaire. Je ne parle pas des marins. Les plus dangereux, les candidats à la victoire, on sait où ils sont… L’incertitude concerne les bateaux. Chaque architecte a appliqué ses recettes, tous les engins sont différents, avec leurs spécificités propres et surtout leurs différences de potentiel. Et on ne les a encore jamais mesurées vraiment. En plus, ils n’ont jamais traversé l’Atlantique. L’an dernier, à la Transat anglaise, pas un seul Class 40 n’est arrivé de l’autre côté… Ce sont de belles machines, qui demandent beaucoup de sensibilité, et beaucoup d’efforts. Mais pour les faire aller vite et fort, il faut leur donner à manger. Et là, quand on appuie dessus, le coefficient de sécurité est proche de zéro. » « Appuyer dessus », il sait, pas de crainte à avoir. Mais il a surtout envie de « bien faire », afin de poursuivre l’aventure... et de retrouver le Vendée Globe, en 2008, sur un « gros bateau ».