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La Voix du Nord - 24/10/2006
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« Rhum » : l’aventure personnelle de Géry Trentesaux
(« Guyader »)
 Attention, sur l’eau, cet homme est dangereux ! Il se fait discret, Géry Trentesaux, presque modeste. Comme pour qu’on l’oublie... Mais sur son seul nom et son énorme expérience de navigateur, tous les observateurs savent qu’il faudra compter avec lui sur cette Route du rhum. C’est un « gros client », avec une forte mentalité de gagneur, tant sur terre que sur l’eau.

PAR CHRISTIAN TAVERNE-GRASSET

desk@lavoixdunord.fr
PHOTO LAURENT VIDAL

Il tombe la veste, puis la cravate, s’assied dans le profond fauteuil, souffle longuement… Ça y est, Géry Trentesaux est en vacances. Enfin. Pour un bon mois. L’homme d’affaires lillois a signé ses dernières délégations de pouvoir pour ses sociétés, rencontré le responsable local de la CGT, revu son contrat de mariage… « 

Et demain, je fais mon testament », ajoute-t-il, très serein. En vrai chef d’entreprise qui ne laisse jamais rien au hasard, Géry Trentesaux a tout planifié, prévu, calculé. Laissant le moins d’impondérables possibles sur son chemin. La mer en fournit déjà assez !

Dimanche, sur la ligne de départ, Géry Trentesaux sera prêt. Autant qu’on puisse l’être. Il a énormément navigué depuis le début de l’année, enchaînant les sorties d’entraînement avec Arnaud Aubry, son « boat captain » et chef de projet ; avec François Lamiot, son fidèle lieutenant et ami, qui lui a fignolé un jeu de voiles aux petits oignons ; ou en solitaire.

Un exercice dans lequel il excellait par le passé à l’époque où il brillait dans la Solitaire du Figaro – il en a courues trois de 1984 à 1986, toujours dans les dix premiers, dont une superbe troisième place – avant de reprendre les rênes de l’entreprise familiale. Et si depuis, il a surtout brillé dans les régates en équipage, notamment dans les courses du Royal Ocean Racing Club (on ne compte plus ses victoires, dont deux dans la Commodore’s Cup), ce fameux RORC dont il est vice-commodore. Dignité à laquelle un Français n’est théoriquement jamais élevé.
La Route du rhum, toutefois, sera un tout autre exercice de style.

Répétition à Saint-Malo

« C’est ma première transat. Une aventure personnelle, avant d’être une régate. Je pars pour prendre du plaisir, et puis pour terminer. Je ne suis pas un professionnel, moi… Même si je n’ai pas de complexes par rapport à des marins comme Dominic Vittet, que j’ai déjà battu en Figaro, je veux d’abord traverser. Abandonner, ce serait un échec. » L’expérience des 1 040 milles de Saint-Malo (déjà), cet été, a servi de leçon : « Je n’ai pas terminé la course après avoir abîmé une voile, mais j’ai vu ce que je ne devais pas faire. Ça me servira sur le "Rhum". » Géry Trentesaux s’élancera sur un bateau « tip-top », il a assez mis de pression sur sa « 

dream team » ! Quant au bonhomme, il devrait être également au mieux. Thalasso, course à pied, natation en mer (!) et repos sont au programme depuis une bonne semaine.
Pas de pression, alors ?


« Uniquement de la bonne pression, celle qui fait avancer. Certes, je n’ai plus le physique de mes 20 ans, quand je montais dans le mât à la force des poignets ; et pour lire une carte, j’ai besoin de lunettes. Mais je suis cool. Je me sens serein, je m’étonne même de dormir aussi bien ! Et puis, à l’arrivée, on fera la fête. Une fête à la hauteur du classement ! »
Elle devrait être géante…

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