La Voix du Nord - 27/10/2006 |
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VSi les multis de 60 pieds restent les seigneurs des mers, les monocoques type Vendée Globe proposent un plateau royal.
VMoins rapides, certes, les Class 40 ont débarqué en force, ce qui promet de belles empoignades pour animer les trois semaines de course.
sports@lavoixdunord.fr PHOTO ARCHIVES JEAN-CHARLES BAYON
Les multicoques ORMA. – Eux, ce sont les vedettes ! Ceux que l’on admire au départ tant ils sont impressionnants (ils tiennent tout juste sur un demi-terrain de tennis !) à mener en solo, toujours sur le fil... Et dont on fustige trop souvent les skippers tant ces engins diaboliques ont une propension naturelle à casser ou à se mettre sur le toit. Mais ne va-t-on pas au cirque pour voir le lion manger le dompteur ?
Les leçons du carnage de 2002 – quinze abandons sur dix-huit bateaux au départ – ont, semble-t-il, été retenues, même si, depuis, le plateau s’est sérieusement restreint (quatre multis seulement au dernier Grand Prix de Fécamp, début septembre). Bras de liaison et coques renforcés, utilisation de modules de carbone moins rigides, obligation d’un système hydraulique antichavirage (dont on attend qu’il fasse ses preuves !), l’Ocean Racing Multihull Association (ORMA) s’est penchée sur la question.
Réponse attendue à l’arrivée à Pointe-à-Pitre, après une bonne dizaine de jours de mer si la météo daigne cette fois y mettre un peu du sien. Mais normalement, le « vieux » record de Laurent Bourgnon
(voir notre infographie) devrait cette fois voler en éclats. D’autant que Michel Desjoyeaux, vainqueur en 2002, aimerait bien lui aussi réaliser le doublé pour sa dernière course avec Géant.
Pratiquement tous les ténors de la série sont là, et le jeu semble plus ouvert que jamais car avec des bateaux optimisés, et théoriquement fiabilisés, ce sera « curseur au max ».
Les monocoques IMOCA. – Des talents qui se ramassent à la pelle de safran ! Honnêtement, huit skippers, sur les douze partants, peuvent s’imposer dans la série. Pour Vincent Riou, vainqueur du Vendée Globe, Jérémy Beyou et Dominique Wavre, qui disputeront là leur toute première course avec leur voilier neuf – donc plus performant, par nature –, la météo aura une importance capitale. Car en cas de « baston », ils éviteront à l’évidence de trop tirer sur la bête. En revanche, si Éole et Neptune sont bien lunés, l’un des trois pourrait bien décrocher le cocotier.
L’histoire de la course, cependant, démontre que la Manche et le golfe de Gascogne, à cette époque de l’année, sont plutôt casse-pattes (eh oui, en voilà la preuve, les p’tits bateaux ont bien des jambes !). Situation musclée dont doivent rêver les Jean Le Cam, Roland Jourdain, Brian Thompson, Jean-Pierre Dick ou Marc Guillemot, aux montures endurcies et aux ambitions décuplées. Armel Le Cleac’h et Anne Liardet ne seront qu’outsiders pour le podium, et Jean-Baptiste Dejeanty poursuit son apprentissage. Quant au Guadeloupéen Philippe Fiston, il peut s’attendre à une ovation à son retour au pays, d’autant qu’il porte les couleurs... d’Adriana Karembeu. Succès assuré dès avant le départ.
La Class 40. – « La » grande nouveauté. Un tiers de la flotte, des premiers bords prometteurs, une légitimité indiscutable, un plateau riche et varié. Tous les ingrédients sont réunis pour faire une belle photo de classe. Ce sera en effet la première « vraie » confrontation, les quelques courses qui ont servi de galop d’essai aux impétrants n’ayant jamais réuni plus d’une dizaine de ces voiliers, et les « gros bras » n’en ont disputé aucune.
Au premier rang des prétendants, deux « Figaristes » accomplis, Dominic Vittet et Gildas Morvan, bardés de titres et de diplômes, en quête d’un nouveau terrain de jeu. Grosse expérience, professionnalisation à outrance, équipes structurées : du lourd, assurément. Incontournables.
À titiller le tableau arrière de ces deux-là, voire à leur montrer le leur, ils sont pléthore à prétendre. Joé Seeten, Géry Trentesaux, Damien Grimont, Philippe Legros, Olivier Rabine, Marc Lepesqueux, Yvan Noblet, Yves Écarlat, Guillaume Voizard sont de ceux-là. Des valeurs sûres pour un quintet, assurerait un turfiste. Et pour ne pas jouer franco-français, ajoutez Nick Bubb et Ian Muslow.
Reste les discrets, mais pas sans-grade pour autant : Pierre-Yves Chatelin, Thibaut Derville, Phil Sharp, Benoît Parnaudeau, Gwen Catherine, Jean-Édouard Criquioche, Lionel Régnier… Du marin de qualité, du gentil « tonton » (un surnom né lors de Skippers d’Islande, en juin), bouffeurs de milles ou rois des trois bouées, qui veulent aller voir l’été de là-bas, alors que l’hiver frappe ici à notre porte.














