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La Voix du Nord - 29/10/2006
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DÉPART DE LA ROUTE DU RHUM AUJOURD’HUI
Jean-Pierre Champion : « C’est aussi compliqué qu’au premier jour d’aller de l’autre côté »
Jean-Pierre Champion, numéro un de la Fédération française de voile depuis mars 1996 arbore un sourire épanoui depuis vendredi sur les quais de Saint-Malo. Le succès – tant populaire que sportif – de la Route du rhum, et la place majeure des marins nordistes dans la nouvelle Class 40, le réjouissent.

À SAINT-MALO, PAR CH. TAVERNE-GRASSET

desk@lavoixdunord.fr

Certes, il a aujourd’hui changé de port d’attache, et régate plus souvent à bord de son Dragon au large de Cannes qu’aux Près du Hem (il est né à Armentières) ou sur l’étang du Vignoble à Valenciennes (où il a longtemps eu un cabinet d’assurance)… Mais il a toujours les yeux de Chimène pour sa région d’origine. Qu’il apprécie de voir aussi bien représentée.



« Cette Route du rhum est un fantastique événement, il n’y a qu’à voir le succès populaire qu’elle engendre, et cette foule énorme qui vient rêver en regardant les bateaux. Ça explose par tous les bouts, et ce record d’engagés est impressionnant. Alors, compter autant de Nordistes au départ est particulièrement satisfaisant. » « Cette Class 40, née de l’idée d’une bande de copains, regroupe aujourd’hui des marins très créatifs, des femmes et des hommes d’avenir, qui innovent, qui avancent, et qui ouvrent de nouveaux horizons, même si c’est vers des terres pourtant connues. Ils ne se contentent pas de ce qui existe, ils donnent une nouvelle dimension à cette Route du rhum, ouvrent un nouveau chapitre qu’ils vont maintenant écrire. » « La Fédération ne pouvait qu’être séduite par leur philosophie, c’est pour cela que nous n’avons pas hésité à rapidement affilier et encourager cette nouvelle classe. Maintenant, c’est à eux de prendre leur destin en main. La voile est un sport de liberté, laissée avant tout à la responsabilité des marins. » Et quand ces marins prennent parfois un peu trop de libertés, comme on le leur a si souvent reproché après le festival de casses et de chavirages, notamment chez les grands multicoques, lors de la dernière édition ?
« La Fédération a poussé très fort dans le sens d’une sécurité accrue sur ces bateaux. Nous avons veillé de manière farouche à ce que des mesures claires, comme l’installation du système antichavirage qui sera testé sur cette épreuve, soient prises. » L’obsession de la sécurité, la limitation des prises de risques et le nombre de plus en plus grands de participants n’enlèvent-ils pas alors à la course ce parfum d’aventure qui plaît tant au public ?
Jean-Pierre Champion s’insurge : « Traverser l’Atlantique en solo, ça n’a rien à voir avec monter dans le train ! C’est réservé à des gens exceptionnels. Il ne faut rien banaliser, c’est aussi compliqué qu’au premier jour d’aller de l’autre côté ; ce n’est même pas un petit peu plus banal, c’est toujours hors normes. »

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