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La Voix des Sports - 30/10/2006
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Cyril Ducrot, marin et préparateur de champion
8e Route du Rhum
Saint-malo (envoyé spécial). – C’est clairement écrit sur la coque, à l’arrière du bel Akilaria jaune : « Skipper : Dominic Vittet. Préparateur : Cyril Ducrot. » C’est une première que cet hommage officiel enfin rendu à ces travailleurs de l’ombre que sont les préparateurs, souvent marins accomplis, la plupart du temps compétiteurs de haut niveau eux aussi. Ils sont quelques skippers, dans cette nouvelle Class 40, à afficher ainsi le nom de leur « boat captain ». Initiative fort sympathique. Et si « Mino » le Breton a choisi Cyril le Nordiste, ce n’est pas par hasard… Il a une sacrée gueule déjà bien burinée, une bonne tronche de baroudeur, un look qu’on dirait soigneusement étudié, avec sa barbe de pirate, son discret anneau d’or à l’oreille gauche, sa démarche presque chaloupée… Ce n’est pourtant pas dans le marais audomarois qu’il a tiré ses premiers bords, le bateau familial n’avait rien d’une bacôve ni d’une escute, et rien ne semblait prédestiner l’enfant de Saint-Omer à partir à l’aventure par-delà les mers.
C’est au Yacht-club de Boulogne-sur-Mer que Cyril Ducrot fait ses premières armes en régate. « On apprend tout à cette école-là. Tu commences comme numéro un, à l’avant du bateau, et au fur et à mesure que tu progresses, tu te rapproches de l’arrière… Jusqu’à prendre un jour la barre. Et c’est là que je me suis dit “Je veux travailler dans la voile.” Je ne savais pas comment, ni ce que j’allais faire, mais c’était une vocation irrésistible. 
» Commence alors ce qu’il appelle son « tour de France », parcours initiatique qui le voit passer son monitorat, travailler à l’UCPA, dans le Sud-Ouest, puis dans une voilerie à Hyères, avant de se rapprocher du monde de la compétition. Il enchaîne tous ces petits boulots si formateurs, rencontre Gilles Chiorri, qui court alors en Figaro, et entre dans son équipe. Nous sommes en 2003, et Cyril se fait une promesse : « En 2005, je serai au départ de la Mini-Transat ! » Pari tenu. Il s’installe à La Rochelle, prépare son projet en même temps que le bateau de Karen Leibovici pour le Vendée Globe 2004-2005, vit une difficile saison blanche, sans partenaires financiers, avant de séduire le conseil régional, bien orienté par le Dunkerquois Tanguy Blondel. Il portera donc les couleurs du Nord - Pas-de-Calais sur cette fameuse « Transat 6.50 ». « Mon truc ne coûtait pas d’argent, par rapport à certains projets. Et j’aime bien défendre les couleurs de ma région, même si elle n’est pas assez maritime à mon goût, dans son esprit. Littorale, mais pas maritime.
 » Judicieuse observation.
Sixième de la première étape aux Canaries, Cyril Ducrot voit ses espoirs s’envoler dans la seconde après avoir percuté… un requin ! Voie d’eau sur le bateau, arrêt au Cap-Vert, réparation, nouveau départ… et à l’arrivée au Brésil, finalement, une satisfaisante dix-huitième place au classement général. «  Une belle régate, doublée d’une belle aventure, j’en suis très fier », sourit-il de tous ses crocs… Depuis, il a monté sa propre structure… et rencontré Dominic Vittet. Sa seconde transat, cette fois, il la vivra par procuration, après avoir mis tout son savoir et toutes ses compétences dans « ATAO Audio System », l’un des grands favoris, en Class 40, de cette Route du rhum.

CH. TAVERNE-GRASSET
Photo VDS

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