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La Voix du Nord - 31/10/2006
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VOILE « Route du rhum » : le routage météo en question
Seuls en mer, les concurrents de la Route du rhum… Pas vraiment. Les vacations radio et les échanges de courriels (organisation, équipe à terre, sponsors, famille) feraient aujourd’hui bien rire, ou plutôt s’insurger, un Éric Tabarly. Sans parler du routage météo, pomme de discorde récurrente dans le milieu.

PAR CH. TAVERNE-GRASSET
desk@lavoixdunord.fr
PHOTO « LA VOIX »

 « Le routage ? C’est une erreur philosophique majeure. A fortiori sur des petits bateaux comme les nôtres. Et là-dessus, j’ai un argument majeur : dans mon approche de la mer, le plus beau, c’est de faire soi-même sa route. » Dominic Vittet (ATAO Audio System), qui fut notamment responsable de la cellule météo du Défi Areva lors de la Coupe de l’America en 2002, ou «  consultant vulgarisateur » sur le dernier Vendée Globe, a un avis bien tranché.
« Prenez Magellan, Slocum, Moitessier… Toutes les aventures maritimes ont toujours comme toile de fond cette capacité de l’homme à faire sa route.
Le marin trace sa route, comme un homme trace sa vie. Si ça devient un métier d’assisté, j’arrête. Traverser, c’est se réaliser pleinement, tu es acteur, tu fais tes choix. J’ai du respect pour tous les gens qui tracent leur vie. » « Certes, je comprends bien l’inquiétude de certains novices, de concurrents qui avouent ne pas savoir lire une carte météo. Je l’accepte. Mais le routage pour les professionnels, c’est une dévalorisation énorme. Ils n’ont pas intégré la notion de “marin”. Ils font de la voile comme ils feraient du patin à roulettes. Là, c’est de l’assistance pendant la course. Et de toute façon, si le skipper n’a pas un minimum de compétences en matière de météo, ça ne sert à rien. On ne peut pas envoyer un gars où il n’a pas envie d’aller. Il faut d’abord qu’il comprenne pourquoi on lui demande de suivre telle route plutôt que telle autre ! Le routage avec des gens qui n’y connaissent rien ne marche jamais. » Autre argument de poids, le coût. « Au prix des transmissions en mer et avec la prestation du routeur, sur cette Route du rhum, ça va coûter entre 3 000 et 5 000 euros de se faire router. Une petite fortune. Pour ce prix-là, on peut s’offrir un joli petit stage météo avant le départ !
C’est moins cher, et plus intéressant à long terme, puisque ça permet d’acquérir de l’autonomie. Et c’est un investissement pour l’avenir. »


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