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La Voix des Sports - 13/11/2006
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Cette Class 40 qui fait durer le plaisir
Route du rhum
 Jourdain peut savourer sa victoire chez les monocoques.  Le podium des multicoques ORMA (Lemonchois, Bidégorry, Coville) et celui des monocoques IMOCA (Jourdain, Le Cam, Dick) étant établis définitivement, ce sont – enfin – les Class 40 qui arrivent sous les feux de la rampe, et le final qu’ils proposent, à trois jours de leur arrivée à Pointe-à-Pitre (aucune autre n’est attendue aujourd’hui), est toujours de nature à séduire.
« Il y a deux trucs que je n’aime pas dans la vie : les chiens et monter dans les mâts. J’y ai été deux fois hier, jusqu’à mi-hauteur, et je suis redescendu. Je suis un garçon persévérant, mais pas très courageux pour monter dans les mâts. » Pourtant, Dominic Vittet (ATAO Audio System) va bien devoir y remonter, dans le mât, s’il veut aller récupérer cette foutue drisse de gennaker qui se balade là-haut, mousqueton ouvert, dont il aura nécessairement besoin dans les prochains jours pour bénéficier de toute sa toile afin de préserver sa troisième place ! Le seul objectif auquel il puisse désormais prétendre, tant Dame Météo lui aura été infidèle, sanctionnant cruellement son arrêt forcé aux Açores, au profit de Phil Sharp et de Gildas Morvan.
« Shark », toujours leader de cette Class 40 qui décidément offre à la Route du rhum une dimension nouvelle, bénéficie certes toujours d’un crédit de plus ou moins cent milles sur Gildas Morvan, au gré des classements qui se succèdent ; mais on sait aussi que la perte de son gennaker, en début de semaine dans la tempête, lui a ôté un atout précieux. Le « Géant vert » cannibalisant donc le « Requin » n’est pas un scénario à exclure d’ici à mercredi.
Les deux hommes bénéficieront d’une météo a priori plus favorable que leurs camarades de jeu, en touchant avant eux les bascules de vent attendues, et la stratégie prendra alors le pas sur la tactique, qui leur permettra de contrôler, à distance, un éventuel retour du bateau lillois. Un peu à la manière d’un pilote automobile qui, sur circuit, « ferme la porte » à un adversaire pour l’empêcher de passer. Mais entre eux, aucune erreur ne sera permise, et l’expérience du Français, « Figariste » accompli, pèsera lourd sur la régate… On serait bien tenté d’écrire, aujourd’hui, que le podium est acquis, s’il n’était le risque de voir la mer balayer d’une vague rageuse, hommes et bateaux mêlés, un tel pronostic. On s’en gardera donc bien, pour mieux se réjouir de l’émergence de cette nouvelle classe dans la course au large.
Pour leur premier grand rendez-vous, les skippers de la Class 40 ont démontré qu’elle avait non seulement sa place au coeur des grands événements, mais qu’elle pouvait aussi tenir la dragée haute à des catégories qu’on dit plus huppées : ces ténors poseront le pied sur le ponton de Pointe-à-Pitre bien avant certains dont on attendait, au départ de Saint-Malo, qu’ils fussent pourtant autrement plus rapides…
Ch. TAVERNE-GRASSET
Photo AFP

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