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La Voix des Sports - 16/10/2006
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Ces règles que l’on ne peut pas toujours contourner
Petits tracas féminins

Jambes en coton, maux de tête, de ventre, humeur fracassante : tous les 28 jours en moyenne, les petits tracas féminins nous pourrissent la vie. Mais ce qui est vrai pour madame tout le monde l’est encore plus pour les sportives de haut niveau au calendrier exigeant.


Parfois, une saison de travail acharné peut être anéantie par ce rendez-vous imposé et par vraiment apprécié.
Maria Martins, athlète de l’US Tourcoing, en a fait les frais cet été, aux championnats d’Europe de Göteborg. « Je savais que ça allait tomber pile le jour de la finale du 1 500 m, se souvient-elle. On m’avait dit que pour éviter ça, il fallait continuer sa plaquette de pilules. C’est ce que j’ai fait, j’étais sûre que mes règles n’arriveraient pas. Le jour J, je me suis échauffée normalement avant la course. Juste avant le départ, je suis passée aux toilettes. Et là, catastrophe ! Elles étaient arrivées. Je n’étais pas bien du tout, j’ai perdu tous mes moyens. Je crois que de toute ma carrière, je n’ai jamais aussi mal couru… » Maria a terminé bonne dernière et a eu droit à un coup de gueule de son entraîneur. « Il n’a pas été tendre, mais je ne pouvais vraiment pas faire autrement… »

Moins fataliste, Lise Legrand, médaillée de bronze en lutte aux derniers Jeux olympiques d’Athènes, a sa recette pour ne pas être gênée sur les tapis : «  J’attaque le mal par le mal. Quand je suis réglée, le sport me fait du bien. Évidemment, le premier jour, j’ai un peu mal au ventre, mais le fait de m’entraîner me permet de penser à autre chose. Certains médicaments contre le mal de ventre nous sont autorisés, ça aide aussi. Pour les compétitions, j’essaie de calculer les dates. Généralement, je goupille avec la pilule pour que ça n’arrive pas à ce moment-là. Mais si ça ne marche pas, alors je fais avec… »

Faire avec, c’est le mot d’ordre de toutes les femmes. Mais Dame Nature a été plus sympa avec certaines sportives que d’autres. Karine Baillet, qui court la planète de raid aventure en raid aventure, n’a ainsi jamais été freinée dans son élan.


« J’essaie d’abord de calculer avec la pilule pour que ça ne tombe pas pendant les compétitions dans un souci pratique : en raid, on part pendant plusieurs jours, les conditions d’hygiène sont assez limite. Si mes règles arrivent quand même, évidemment, ce n’est pas marrant. Mais je ne suis pas embêtée longtemps ; un jour, deux maximum. J’en ai discuté avec mon gynécologue, il m’a expliqué que ça arrivait régulièrement chez les grandes sportives, surtout en endurance. Je trouvais ça bizarre au début, mais en fin de compte, ça m’arrange ! »

Carine BAUSIÈRE
 Photo AFP

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