Marre des séances de sport en salle, un peu répétitives. Marre des longueurs de bassin. Marre de la routine : il fallait que je chamboule mon programme sportif. J’avais bien pensé au foot en salle, mais le responsable du club de Sainghin-en-Mélantois, que j’ai contacté, m’a répondu qu’ils jouaient entre hommes et que ça resterait comme ça. Si je voulais, je pouvais m’inscrire, lors d’un tournoi en novembre, avec l’équipe… de la gymnastique loisirs.
OK. Restez entre machos, je trouverai autre chose.
Pourquoi pas l’aquagym ? Il paraît que c’est bon pour la circulation et que ça galbe la silhouette. Le seul hic, c’est que j’ai plusieurs trains de retard : dans les deux piscines de Villeneuve-d’Ascq, les séances sont prises d’assaut. La prochaine vague d’inscription est prévue en novembre, avec priorité pour celles qui ont déjà souscrit un forfait de dix séances.
Mais il y a un créneau d’inscriptions libre le jeudi midi, réservé aux trente premiers. Bien qu’on m’ait dit et répété que l’aquagym, c’est un peu le rayon mémère de la piscine, je prends mon ticket.
Effectivement, dans le petit bassin, on devine quelques chevelures argentées sous les bonnets. Mais pas seulement. L’aspect travail en douceur attire toutes les générations… de femmes. Le seul homme à nous rejoindre est le moniteur, qui entraîne joyeusement la petite troupe dans son sillage.
D’abord, on court dans l’eau. On enchaîne par des largeurs en talons fesses, puis en pas chassés. Et on recommence à courir, plus vite. Ça ne fait pas encore dix minutes qu’on barbote et je devine, à la chaleur de mes joues, qu’il va falloir lever le pied si je ne veux pas couler avant la fin.
Ça tombe bien, notre professeur, de sa voix suave, calme le jeu et distribue des poignets en mousse pour des exercices de bras. On boxe, on mouline, on met les bras en croix et on les ramène par séries de dix : l’eau freine les mouvements et ça devient difficile d’enchaîner. Pour que le travail soit complet, c’est avec des planches rouges et bleues qu’on se charge de faire brûler les abdominaux. Allongées sur le dos, un pied en l’air, on tient. On change. Puis, on croise rapidement les jambes. Et on reprend depuis le début.
Enfin, on termine par des séries de pompes à l’aide des planches qu’on enfonce dans l’eau. Et voilà, trois quarts d’heure sont passés, on peut s’étirer et souffler.
L’avantage, avec l’aquagym, c’est qu’il n’y a pas de courbatures car on travaille en douceur. Le problème, c’est que la fatigue se fait sentir progressivement dans les heures qui suivent. Voilà pourquoi il vaut mieux prévoir sa séance le soir, sous peine de finir la journée de travail avec une « tronche » de déterrée…
Carine BAUSIÈRE