La Voix des Sports - 13/11/2006 |
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Rouge comme une pivoine sous ses cheveux en désordre, le Tee-shirt trempé, Isabelle a fini son jogging. Son retour est toujours salué par son compagnon. « Salut Bernard ! Où t’as garé ton camion ? » Eh oui, on ne peut pas toujours être au top de sa féminité quand on fait du sport… Il n’y a bien que dans les salles de fitness où certains cours ressemblent à des défilés de tenues dernier cri. Les équipementiers de renom ont également jeté leur dévolu sur le tennis pour habiller les poupées russes. Mais ils se montrent nettement moins inspirés lorsqu’on parle de sports collectifs.
Alors quand on est une fille, on se débrouille avec ce qui a été prévu pour les hommes. « Mais nous sommes des femmes avant d’être des sportives ! », clame Géraldine Robert, basketteuse de haut niveau à Villeneuve-d’Ascq.
Voilà pourquoi l’équipe de l’ESBVA-LM a organisé sa présentation officielle sous forme de défilé : en short, puis en tenue de ville, plus sexy. Les filles ont pu montrer au public leur vrai visage. Depuis, c’est en short et débardeur larges que, deux fois par jour et le week-end, elles arpentent le parquet. « L’équipement, ça fait partie du job, note Géraldine. C’est une contrainte pas très importante. C’est mieux d’être à l’aise. » « C’est normal qu’on soit habillées comme des garçons pour jouer. C’est le sport qui veut ça, ajoute Fatimatou Sacko. Mais nous savons que dehors, nous sommes beaucoup plus féminines. » Féminines oui, mais pas tant que leur jeune équipière Mathilde Caby, qui arrive à l’entraînement maquillée. « C’est très léger, mais je ne pourrais pas faire sans ! Et je me remaquille après la douche… » Cette fameuse douche marque la transition entre le sport et la vie extérieure, avec les sorties entre filles après les matchs. « Là, on se fait toutes plaisir, sourit Fati. On se maquille bien, on se fait les ongles, la totale ! Il y a une telle concurrence, on dirait qu’on part à un défilé de mode ! »
Et la jeune femme n’est pas la dernière à entretenir cette course à l’élégance. « J’adore les fringues. Je fais souvent les boutiques, surtout avant les matchs… Ça me détend ! » Reste juste à trouver des vêtements taillés pour des basketteuses. Pas facile quand on culmine à 1,85 m. « Eh oui, mais il faut s’assumer telles qu’on est, tranche Géraldine. Nous sommes grandes et musclées, Dieu nous a faites comme ça… et c’est comme ça qu’on s’aime ! »















